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les Français partagés entre engouement et rejet

La nouvelle édition de cette grande opération commerciale va-t-elle séduire les consommateurs français? Les études démontrent que le vent d’opposition se renforce.

L’édition 2021 de cette grande opération commerciale venue tout droit des Etats-Unis aura lieu le vendredi 26 novembre mais alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer cette fête à la surconsommation, que vont faire les Français? Les études démontrent que le vent d’opposition se renforce.

Selon une étude* menée par Opinion Way pour Bonial, 42% de consommateurs français prévoient de réaliser des achats à l’occasion du Black Friday, c’est 2 points de plus que l’an passé. Cela veut aussi dire que 57% des Français n’ont pas l’intention de participer à cette braderie (63% chez les hommes interrogés), un résultat stable sur un an.

Une autre étude** menée pour L’Obosco (l’Observatoire Société et Consommation) estime également que 41% des Français ont l’intention de réaliser des achats lors du vendredi noir, mais c’est 16 points de moins qu’en 2019…

13% Français se déclarant opposés au Black Friday, soit six points de plus depuis 2019. « La critique la plus forte à l’égard de l’opération commerciale, sur laquelle s’accordent près de 80% des Français (y compris donc ceux qui comptent en profiter), concerne la surconsommation à laquelle elle est associée. 57% considèrent en outre le Black Friday comme une incitation à acheter des produits dont ils n’ont pas vraiment besoin », souligne cette étude.

Un budget moyen de 298 euros

Pour autant, ceux qui s’adonneront au Black Friday dépenseront plus. Alors qu’en 2020 le budget moyen s’élevait à 259 euros, il augmente cette année de 39 euros pour atteindre 298 euros.

29% des Français interrogés envisagent de dépenser plus de 300 euros (dont 17% plus de 500 euros). Les habitants du nord-ouest de la France seraient les plus dépensiers avec un budget moyen de 410 euros.

Comme souvent, les produits les plus plébiscités seront le prêt-à-porter (35%), les jouets en préparation de Noël (33%) et l’électroménager (24%). Viennent ensuite les smartphones (17%), les produits du quotidien (16%), la déco et les articles de sport (16%).

Des promos mais aussi des hausses de prix

Pour autant, les promotions attendues risquent d’être pénalisées par les hausses de prix due à la flambée du coût des matières premières et des puces.

Selon une autre étude menée par Idealo, les jouets en bois afficheront un prix moyen de 42 euros, soit une hausse annuelle de 86%! Du côté des cartes graphiques, il faut s’attendre à une flambée de 68% et de 24% pour les enceintes… Rappelons que 77% des Français profitent du Black Friday pour faire leurs achats de Noël…

La plupart des enseignes de distribution (en ligne et physique) se mettent en ordre de bataille pour répondre à la demande. Les annonces se multiplient déjà depuis 15 jours, notamment du côté d’Amazon qui a dégainé sa rubrique « Black Friday avant l’heure ». Il s’agit pour ces commerçants de soigner leur référencement en ligne pour être le mieux placé sur les moteurs de recherche (traduction: Google).

Mais d’autres entendent au contraire afficher leur opposition à ce qui est considéré comme une opération de surconsommation inutile.

Boycott, gratuité…

Le vendeur en ligne Camif est sur cette ligne depuis 2017 avec un appel au boycott. Le pure player de l’aménagement a depuis été rejoint par plus de 1000 e-commerçants regroupés au sein de l’initiative « Make Friday Green Again ».

Jusqu’à présent, Camif fermait son site pendant le Black Friday, mais cette année, il invite ses clients à s’interroger sur leurs comportements d’achats au moment du Black Friday à travers la méthode « Bisous ».

Cette méthode, inventée par Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verbeken dans leur livre « J’arrête de surconsommer, 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque » est basée sur 5 questions simples à retenir qui forment l’acronyme « BISOUS ».

« Besoin: à quel besoin l’achat répond-il? Immédiat: en ai-je besoin immédiatement? Semblable: Ai-je déjà quelque chose de semblable? Origine: de quelle origine est-ce produit? Utile: cet objet va-t-il m’être utile? Socialement responsable: mon achat a-t-il un impact positif sur le plan social ou sociétal », explique le distributeur.

L’enseigne indique qu’il sera impossible de commander sans valider cette méthode…

D’autres enseignes comme KFC ou les salles de sport Neoness vont jouer la carte de la gratuité « plutôt que de faire des promotions pour l’occasion dans l’unique but de vendre des abonnements ». Tandis que BackMarket annonce un vendredi « comme les autres ».

Un festival de fausses promos?

Si le Black Friday suscite de plus en plus d’oppositions c’est aussi parce que les consommateurs doutent de plus en plus de la réalité des promotions proposées.

Selon le sondage de l’Obosco, 56% des Français considèrent que les promotions affichées durant l’évènement ne sont pas de véritables promotions, en hausse de 9 points par rapport à 2019.

L’UFC Que Choisir? dénonce d’ailleurs depuis plusieurs années les « fausses promos » du Black Friday. « Il n’y a aucune raison pour que cela change cette année », dénonce l’association de défense du consommateur.

Selon elle, de nombreuses enseignes exercent un « tour de passe-passe invisible pour les consommateurs qui permet de leur vendre les mêmes produits, aux mêmes prix tout en leur faisant croire à une bonne affaire ».

Elle estime que « l’année dernière (2019, NDLR), selon nos calculs, les prix de vente moyens sur les principaux sites Internet avaient baissé de seulement 1,19 % au premier jour du Black Friday, très loin des 50 ou des 70% de réduction affichés, et seulement 2% des offres affichaient une réduction réelle d’au moins 20%, soit grosso modo la même proportion que n’importe quel autre jour de l’année ».

Et d’exiger de Bercy que cette opération commerciale soit enfin réglementée. En vain pour le moment.

*: étude réalisée par Opinion Way sur la base d’un échantillon de 1027 personnes représentatif de la population française (méthode des quotas). L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI. • Les interviews ont été réalisées du 3 au 4 novembre 2021.

**: l’étude a été conduite sur la base d’un échantillon de 4000 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans. La représentativité de l’échantillon a été construite par la mise en place de quotas. Les données ont été redressées sur l’ensemble des variables « quotas » afin de pallier les écarts résiduels entre la structure de l’échantillon et celle de l’ensemble de la population.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



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