« Les gendarmes ont maquillé les preuves », accuse Cédric Jubillar

« Les gendarmes ont maquillé les preuves, le sang sur le pyjama, la voiture changée de place, plein de petits trucs comme ça« , a accusé Cédric Jubillar lors d’un rendez-vous avec un expert psychologue en mai dernier, selon une expertise consultée par franceinfo samedi 17 septembre et que Le Parisien avait dévoilée le 29 août dernier. Mis en examen pour le meurtre de son épouse, il continue à nier toute responsabilité.

L’expert a rencontré le suspect à cinq reprises, avant que ce dernier ne demande à cesser les rendez-vous, « par lassitude ou par fatigue« . Cédric Jubillar est un homme « très peu, voire pas déstabilisé ou déstabilisable« , il « n’a pas varié de position ou de manière d’opérer dans les entretiens successifs. Il n’a pas montré de mouvements d’humeur. (…) Il ne laisse pas prise à la surprise« . « Il bétonne« , tout ce qu’il dit.

À aucun moment, l’artisan plaquiste de 35 ans n’a montré de signe de culpabilité. Il a continuellement nié toute responsabilité dans la disparition de sa femme, à la mi-décembre 2020. Interrogé sur les faits, il fait des réponses « sibyllines et évitantes« , qui, si l’instruction judiciaire venait à établir sa culpabilité, « seront peut-être marques de déni et dissimulation de sa part« , décrit l’expert psychologue. Mais, même s’il était coupable, « nous ne pensons pas qu’il acceptera de se découvrir, de se dévoiler psychologiquement« .

Cédric Jubillar parle de son épouse « sans affect sentimental » particulier, contrairement à sa façon d’évoquer sa nouvelle compagne, rencontrée lors d’une battue pour retrouver la disparue. Il explique avoir été surpris et blessé par la demande de divorce de Delphine Jubillar, de sa distance qu’il décrit comme soudaine, mais assure ne pas avoir su, avant sa disparition, qu’elle avait une liaison. Il affirme d’ailleurs qu’il n’est pas de nature jalouse.

Cette demande de divorce a pu lui rappeler son enfance, lui qui n’a pas été élevé du tout par son père et qui a passé plusieurs années en foyer. Ce passé « non digéré« , selon le psychologue, « peut laisser penser à la possibilité d’un renversement de position passive en position active-agressive« .

Cédric Jubillar est un homme « dans la réserve, mais non dans l’agressivité » et sans « aucun trouble psychiatrique« , selon l’expert. Il se décrit comme un « déconneur« , un homme « têtu, borné, minutieux dans le travail, ponctuel« , voire « arrogant« . Il sait qu’il passe pour un « connard asocial« , « trop franc« , que ses voisins le jugeaient « bizarre« , que la famille et les amies de Delphine Jubillar ne l’aimaient pas, mais il répète régulièrement qu’il « s’en fout » de ce que les gens pensent.

S’il prend parfois des airs de « petit garçon » pour « susciter la compassion« , Cédric Jubillar peut aussi « se montrer rejetant et sur la défensive si on cherche à le déstabiliser« . D’ailleurs, « il demande à clore l’échange quand il sent qu’il peut lâcher prise« . Le psychologue souligne qu’une « rigidité de posture » apparaît lorsque l’état et le rangement de sa maison sont évoqués, « il se sent attaqué. »

Cédric Jubillar est en détention provisoire depuis juin 2021 pour le meurtre de son épouse, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Il doit être entendu sur le fond de l’affaire le 23 septembre prochain. Ses avocats ont déposé une sixième demande de mise en liberté mercredi dernier, après le rejet des cinq premières. Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) est en train d’étudier la faisabilité technique d’une remise en liberté avec un bracelet électronique.





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