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Licences post-Brexit : l’avertissement des pêcheurs à Saint-Malo

Les pêcheurs malouins ont mené une action symbolique ce vendredi matin en bloquant un ferry à l'entrée du port.
Les pêcheurs malouins ont mené une action symbolique ce vendredi matin en bloquant un petit cargo à l’entrée du port. ©Le Pays Malouin

Ambiance inhabituelle ce vendredi 26 novembre 2021, au petit matin, devant le port de Saint-Malo.

Devant les remparts d’une cité corsaire encore plongée dans la nuit, ça brille de mille feux sur l’eau. Comme promis, les pêcheurs sont là et bien là. Et ils tiennent à le faire savoir à coups de fumigènes brandis sur le pont de leurs embarcations.

Le Normandy Trader bloqué pendant une heure

Une bonne dizaine de bateaux de pêche ont répondu à l’appel dès 7h du matin. Ils ont ensuite bloqué pendant près d’une heure, jusqu’à 9h, l’accès du port au Normandy Trader, un petit cargo qui fait du fret avec Jersey.

Rien de bien méchant non plus. Leur « prisonnier » a même hissé à son mât un pavillon français et breton, avant d’être libéré et de pouvoir décharger sa marchandise.

Un premier coup de pression

Cette action, étendue aux ports de Calais et Ouistreham et au tunnel sous la Manche, se voulait surtout un premier coup de pression, symbolique, pour exiger l’octroi rapide par le Royaume-Uni de licences de pêche post-Brexit.

Les pêcheurs français ont ainsi voulu « montrer leur colère aux autorités britanniques, mais aussi réveiller les institutions européennes », affirmait Jacques Boudet, du comité des pêches de Bretagne. Beaucoup de pêcheurs ne comprennent pas que les Britanniques aient accès au marché européen, alors qu’eux n’ont pas accès aux eaux britanniques.

Une douzaine de bateaux de pêche ont bloqué l'avant port de Saint-Malo ce vendredi matin.
Une bonne dizaine de bateaux de pêche ont bloqué l’avant-port de Saint-Malo ce vendredi matin. ©Le Pays Malouin

Une soixantaine de pêcheurs attendent encore

Depuis l’accord post-Brexit signé fin 2020, les pêcheurs peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. La France s’estime très mal servie et réclame plus de licences de pêche à Londres et Jersey. Des licences « qui arrivent au compte-gouttes ». Du moins, quand elles arrivent. Une soixantaine de pêcheurs attendent encore leur licence définitive pour aller pêcher dans les eaux jersiaises.

Un « pansement indemnitaire » pour les pêcheurs

La semaine dernière, la Malouine Annick Girardin, ministre de la Mer, annonçait que le gouvernement français allait mobiliser entre 40 et 60 millions d’euros pour financer un plan de sortie de flotte.

Une option qui ne plaît pas du tout aux comités des pêches qui demandent plus de fermeté de la part du Gouvernement. Ils ont été rejoints par le député de Saint-Malo Jean-Luc Bourgeaux, qui qualifie cette solution de « pansement indemnitaire pour les pêcheurs français » et parle de « mépris pour ces hommes et ces femmes dont la pêche est toute leur vie ». 

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