L’insécurité baisse dans les bus et tramways de Grenoble : « en réalité, c’est l’anarchie »

tramway B Grenoble
Quel est le réel niveau de violence dans les transports à Grenoble ? Les syndicats nous répondent. (©Photo d’illustration/CC)

Grenoble est la ville où les chiffres de la violence baissent le plus dans les transports en commun. C’est avec ce constat que le ministère de l’Intérieur a présenté les données 2020 et 2021 de la violence dans les transports en commun. 

« Des chiffres risibles »

Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, le nombre de faits de violences a diminué de 32 % en 2021 par rapport à 2020. Un chiffre qui confirme la baisse de 41 % constatée en 2020, même si ces chiffres sont à relativiser en raison des périodes de confinement. 

Les premiers concernés, les chauffeurs du réseau de transport en commun grenoblois, ont « très mal accueilli ces chiffres ». 

« Lorsque l’on a appris que Grenoble était la plus forte baisse de toutes les grandes villes françaises, cela démontre que les chiffres évoqués sont risibles », alerte Stéphane Gemmani, spécialiste des questions de sécurité au sein des syndicats de transports en commun grenoblois.

Le syndicaliste va plus loin et évoque « l’inconscience » de la direction qui laisse ce genre de chiffre être diffusé. « Ce constat chiffré pousse la direction à ne pas mettre en place de dispositif pour augmenter la sécurité, voire pire, enlever les moyens déjà existants ». 

Comment expliquer de tels chiffres ? 

À l’annonce de ces chiffres, l’incompréhension plane chez de très nombreux membres du réseau de transports en commun. Ces derniers mois, les plaintes des chauffeurs de bus ou de tram se sont multipliées concernant leur sécurité. 

Problème de perception ou véritable erreur dans les chiffres ? Stéphane Gemmani a sa réponse. « La responsabilité des chauffeurs est de porter plainte. Le problème est qu’il n’existe aucun suivi et aucun soutien », s’insurge le syndicaliste.

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Je quitte à l’instant un bus du réseau grenoblois. Je viens d’échanger avec un collègue qui a porté plainte contre des personnes fumant de la drogue au fond de son bus.

Le message que lui a donné la direction ? « On laisse couler ».

Stéphane GemmaniSyndicat transport en commun grenoblois

Les chauffeurs de bus attendent de la direction, un véritable accompagnement. « Pourquoi passer plusieurs heures dans un commissariat alors que l’on sait que la plainte sera classée si la direction ne nous suit pas », s’exaspère le conducteur.

Malgré tout, Stéphane Gemmani souhaite insister sur un point : « il ne faut pas généraliser puisque certaines personnes de la direction nous soutiennent ».

« De la poudre aux yeux »

Symbole de ce que décrivent les syndicats, ce mercredi 21 septembre, un conducteur de la ligne C du tramway de Grenoble a été agressé par un passager. Les conducteurs de cette ligne ont exercé leur droit de retrait, ce qui a provoqué l’arrêt du trafic sur toute la ligne C.

Les syndicats réitèrent leur demande : « nous demandons davantage de traçabilité sur ce qu’il se passe sur le réseau, en particulier les violences, puisque lorsque l’on demande des moyens pour notre sécurité, on nous oppose ces chiffres de l’insécurité en baisse ».

Ce 20 septembre, une opération de police a été organisée sur les lignes TAG. « De la poudre aux yeux », pour les syndicats. 

Stéphane Gemmani porte voix du syndicat ST attends des mesures plus fortes et souhaite « une expérimentation pour avoir des conducteurs qui puissent verbaliser et/ou une police dédiée qui peut intervenir sur les points chauds du réseau ». 

Un vœu qui n’est pas nouveau et qui poursuit un objectif : « la peur doit changer de camp ». « En réalité, c’est l’anarchie sur le réseau de transport en commune de Grenoble », avertit le syndicaliste. 

Un rôle social

Quid de la qualité de l’accueil pour les passagers ? Stéphane Gemmani, spécialiste des questions de sécurité, mentionne l’impact que peut avoir « l’insécurité sur l’attractivité du réseau ». 

« Les conducteurs sont indispensables pour une ville comme Grenoble qui souhaite mettre en avant les mobilités douces. Notre rôle est également social puisque si nous transportons les habitants dans la paix, l’ambiance de la ville changera », conclut Stéphane Gemmani.

La société de transport en commun de Grenoble, contactée par actu Grenoble, n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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