L’INTERVIEW Le vice-président de Nîmes métropole, Rémi Nicolas : « Augmenter les impôts ? On n’a pas le choix ! »

Le maire de Marguerittes et vice-président de Nîmes métropole, Rémi Nicolas (Photo : Coralie Mollaret)

Le maire de Marguerittes et vice-président de Nîmes métropole, Rémi Nicolas, appelle à lancer un débat sur l’avenir de Nîmes métropole, créé il y a vingt ans. Un débat d’autant plus pertinent à l’heure où le président Franck Proust prévoit une nouvelle fois d’augmenter les impôts.  

Objectif Gard : Beaucoup de collectivités font face à une hausse de leurs dépenses pour 2023. Quelle est la situation de la commune de Marguerittes ? 

Rémi Nicolas : Malheureusement, on est dans la même situation. C’est très compliqué. Notre budget électricité va être multiplié par trois, soit 1 M€ au premier janvier 2023 au lieu de 300 000 €. Pourtant, nous avons commencé la rénovation énergétique. Notre consommation d’électricité sur l’éclairage public a baissé de 80 % et 70 % pour nos bâtiments. Aujourd’hui, il m’est impossible de digérer une hausse de 700 000 €, sans compter les 100 000 € liés à la hausse du point d’indice des fonctionnaires. 

Marguerittes : pas de hausse d’impôt mais…

Pensez-vous augmenter les impôts l’an prochain ?

Non. Notre taux de taxe foncière est déjà élevé. En revanche, nous avons augmenté les tarifs de la cantine scolaire de 30 centimes, tout en mettant en place une tarification sociale pour les plus bas revenus. On va se poser la question de baisser la température de certains gymnases ou salles de danse et de réduire les amplitudes horaires. À partir du mois de janvier, le ménage de l’école De Marcieux sera externalisé. Toutefois, nous veillons à ne pas répondre à une situation conjoncturelle par des mesures structurelles. 

Concernant vos investissements, allez-vous en reporter ou en annuler certains ? 

Nous n’entendons pas annuler nos investissements, mais les décaler dans le temps, oui. Ce sera le cas pour le parc Alfred-Magne, d’un montant de 1,5 M€, repoussé d’un an. Aujourd’hui, trois architectes ont été sélectionnés pour participer au concours. L’autre grand chantier reporté, c’est le Village des solidarités, en partenariat avec le conseil départemental. Quant au plateau sportif du Mas Praden, je ne suis pas sûr que l’on sera capable d’en inaugurer la totalité en 2024. Ensuite, bien entendu, nous allons continuer de faire des investissements qui rapportent, en lien avec la rénovation énergétique.

Des exemples ? 

L’école Pérouse pour laquelle les menuiseries puis les toitures seront refaites. Nous allons aussi installer des panneaux photovoltaïques sur les toits d’une douzaine de bâtiments publics. Depuis 2021, la loi nous permet de conventionner avec un opérateur pour qu’il puisse revendre en direct l’électricité à la population à un tarif préférentiel. C’est du circuit court : de l’électricité produite et consommée à Marguerittes !

Un mot sur la mise en service de la ligne T4. Comment vos habitants s’approprient-ils ce service ? 

Les débuts sont prometteurs, même s’ils sont parfois compliqués, notamment pour les lignes scolaires. Des ajustements sont à faire pour les collégiens. On peut aussi relever que les Marguerittois n’ont pas mesuré la portée de la navette, propre à la commune, qui peut les amener sur nos zones commerciales. Nous allons communiquer là-dessus. Plus besoin d’aller à Nîmes pour prendre les transports en commun !  

« L’Agglo n’a pas le choix d’augmenter les impôts » 

Le prochain budget de Nîmes métropole risque d’être voté dans la douleur avec la hausse de plusieurs taxes. Qu’en pensez-vous ? 

Le problème, c’est que nous n’avons pas le choix ! On souhaiterait tous maintenir les mêmes services aux même prix mais c’est impossible. Face à la hausse du traitement des déchets, que faut-il faire ? Réduire le nombre de ramassages ? Des choses doivent être mises sur le table mais en attendant, il faut apporter une réponse immédiate et voter un budget équilibré. L’ancien responsable de la gestion des déchets, Frédéric Touzellier, nous avait prévenus et nous ne l’avons pas écouté… 

Pourquoi cet aveuglement ? 

À l’époque (sous le mandat d’Yvan Lachaud, NDLR), les choses nous étaient présentées autrement. Aujourd’hui, force est de constater que la baisse du prix de l’eau et celle de la taxe sur les ordures ménagères étaient des mesures électoralistes. 

Le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, est particulièrement réfractaire à ces hausses d’impôts. Quel message souhaitez-vous lui faire passer ? 

Quand on est un élu en responsabilité, on ne peut pas être réfractaire à l’équilibre budgétaire. Quand j’entends la ville de Nîmes dire que nous n’avons qu’à supprimer les fonds de concours, je réponds pourquoi alors ne pas supprimer les 10 M€ pour le Palais des congrès ? L’équation sera résolue ! Non, plus sérieusement, il y a des budgets annexes comme l’eau ou les déchets qui doivent s’équilibrer. Une Agglo ne se gère pas comme une municipalité. 

La ville de Nîmes estime toutefois qu’il y a 7 à 8 M€ de fonds de concours qui ne servent pas à financer des projets intercommunaux. Est-ce bien raisonnable par ces temps de crise ? 

Il est vrai que la politique des fonds de concours est exceptionnelle à Nîmes métropole. Le montant est supérieur à ce qui se fait ailleurs. En revanche, dans ces autres territoires, les équipements communautaires sont éclatés sur toute l’Agglo. À Nîmes métropole, tout est concentré à Nîmes.

Les maires doivent prochainement transférer à Nîmes métropole une partie de leurs recettes liée à la taxe d’aménagement. Quelle est votre position sur le sujet ? 

C’est légitime, d’autant que les intercommunalités investissent sur nos territoires. La question tourne surtout autour du montant à transférer. C’est l’occasion de mettre les élus autour de la table pour parler des compétences de Nîmes métropole. Ce transfert de recette pourrait s’accompagner de nouvelles actions. Autrement dit, l’Agglo pourrait prendre plus de compétences : gestion des équipements sportifs et culturels ou Petite enfance. C’est toujours mieux de mutualiser les moyens pour rendre un service de qualité. De toute façon, le législateur l’imposera tôt ou tard, comme le plan d’urbanisme intercommunal. 

Si d’aventure la condamnation d’inéligibilité de Franck Proust était confirmée par le conseil d’État, seriez-vous candidat à sa succession ? 

Non ! D’abord, je n’ai pas le temps. Je démarre mon mandat de maire et de conseiller départemental. Ensuite, je pense que le président de Nîmes métropole doit être le candidat désigné par la ville de Nîmes. On ne peut pas être en conflit avec la ville-centre ! Je ne dis pas que le président doit être Nîmois, mais une chose est sûre : je suivrai la décision de la municipalité nîmoise.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com



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