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Loire-Atlantique : Ils avaient incendié la maison d’une connaissance par vengeance

Les faits avaient eu lieu allée de Bellevue à Divatte-sur-Loire.
Les faits avaient eu lieu allée de Bellevue à Divatte-sur-Loire. ©Google street view

A l’issue de l’audience au palais de justice de Nantes, l’un des prévenus a écopé de douze mois de prison avec sursis probatoire : pendant deux ans, il sera obligé de continuer à travailler pour indemniser les parties civiles. Il aura par ailleurs interdiction de les recontacter.

Sa co-prévenue, du même âge que lui, a quant à elle été condamnée par le tribunal correctionnel de Nantes pour complicité dans ces méfaits : elle l’avait aidé à trouver des produits inflammables.

Elle est aussi coupable de vol en réunion pour avoir dérobé, au passage, une console de jeux Xbox et une sacoche. Enfin, elle a été condamnée pour les menaces de mort proférées à un jeune sous curatelle de 22 ans, avant de venir incendier la maison de sa mère en leur absence : elle l’avait menacé de le « bai… direct » et de « se venger » de lui.

98 000 € de dégâts

Les motifs de leur brouille apparaissent nébuleux : le garçon de 22 ans était aux yeux des prévenus responsable d’un accident dont avait été victime une de leurs amies dans lequel lui-même avait été blessé. Mais la prévenue a aussi affirmé qu’elle-même avait été « menacée » le soir de l’incendie alors qu’elle « s’amusait tranquillement dans un bar » avec des amis.

Au final, l’intéressée a écopé de neuf mois de prison avec sursis simple au vu de la « répartition des rôles » et la « différence d’action » avec son co-prévenu. Ils s’étaient en fait « un peu monté le bourrichon » ce soir-là, a résumé la présidente.

Sur le plan civil, les prévenus seront fixés le 1er avril 2022 sur le montant des dommages et intérêts qu’ils devront verser au jeune homme et à sa mère : un renvoi sur intérêts civils a été ordonné par le tribunal correctionnel de Nantes. Dans l’immédiat, ils devront déjà leur verser respectivement une provision de 2 000 € et 5 000 €.

Le bailleur social Atlantique Habitations, propriétaire de la maison, touchera quant à lui 3 000 € : c’est la somme laissée à sa charge par son assureur après le sinistre. L’expert dépêché sur les lieux avait évalué le montant des dégâts à 98 000 €.

« Tous nos voisins auraient pu sauter »

« Vous êtes bien conscients que vous allez payer pendant toute votre vie ? », leur a donc demandé la présidente du tribunal par rapport à ces faits « injustifiables ». Les prévenus ont acquiescé : l’homme a « continué ses études » pour trouver son emploi de commis de cuisine dans un restaurant de Pornichet, tandis que sa complice travaille dans ce but comme intérimaire dans l’agro-alimentaire, à Montaigu.

La jeune femme a aussi « ouvert des comptes » en banque pour « anticiper » les dédommagements à venir, a-t-elle dit aux juges nantais. « Il y aura forcément un impact sur ma vie privée, je ne pourrai pas avoir de vie normale avec des enfants : mon objectif, c’est d’abord de rembourser tout cela pour pouvoir reprendre ma vie d’avant », a-t-elle dit.

Mais les deux ont échappé au pire : le prévenu avait « allumé le gaz à fond » avant de partir pour faire « exploser » la maison, avait relaté sa comparse aux gendarmes. « Il y avait une bouteille de gaz dans la buanderie où il a mis le feu… Comme nos maisons sont collées, tous nos voisins auraient pu sauter », a confirmé la maman de 54 ans.

Cette employée d’usine, qui vivait dans cette maison depuis une trentaine d’années avec ses enfants, s’est ainsi « retrouvée à la rue » puis « hébergée par la mairie ». Elle a même pensé à « chasser » son propre fils pour le punir de ses « mauvaises fréquentations ». « Je n’en dormais plus : j’avais peur de représailles, qu’il finisse dans un coffre ou qu’on m’agresse », a-t-elle expliqué au palais de justice. « Cela a pris des proportions absolument inimaginables », confirme son avocate, Fanny Khau-Chastaing.

Prison ferme requise pour l’incendiaire

L’état de récidive légale a été retenu pour le garçon suite au vol de la Xbox : il avait déjà été condamné trois fois par la justice pour un vol de scooter, un usage de stupéfiants et un recel de chèque qu’il savait non approvisionné. Il a « arrêté » il y a un an de fumer du cannabis comme il le faisait avant « pour décompresser ». « Avec le recul, je suis déçu de moi-même… Depuis, je me suis remis dans le droit chemin », a soupiré cet ancien habitant de Vertou.

Le procureur de la République avait requis à son encontre cinq mois de prison ferme, potentiellement aménageables devant un juge d’application des peines (JAP), et quatre avec sursis probatoire. Pour sa co-prévenue, il avait demandé neuf mois de prison avec sursis probatoire, un « quantum élevé » pour cette jeune femme jusqu’alors inconnue de la justice.

Désormais suivie par une psychologue sur Aigrefeuille-sur-Maine, celle qui se destinait à devenir auxiliaire de vie a en fait agi « comme un robot » le soir des faits, selon son avocate. « Elle était totalement submergée… Elle a laissé faire, elle s’est laissée faire », a tenté d’expliquer Amel Maugin. « J’étais en panique, je lui ai dit qu’on avait été trop loin », avait d’ailleurs affirmé au cours de l’audience la jeune femme.

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