A la une

Loire-Atlantique. Retraite : elle se bat depuis 4 ans pour récupérer 16 trimestres

Evelyne Lazier à son domicile, dépitée par la tournure des événements.
Evelyne Lazier à son domicile, dépitée par la tournure des événements. ©Hebdo de Sèvre et Maine

Evelyne Lazier avait pourtant pris les devants. En 2017, elle s’était penchée sur son dossier retraite. Une fin de carrière qui ne sonnerait pas avant fin 2021. L’habitante qui s’est installée à Mouzillon il y a trois ans savait que son parcours n’était pas linéaire. Tour à tour salariée puis cheffe d’entreprise, de nouveau salariée, indépendante pour finir salariée. Et ce dans différentes régions de France (parisienne, grenobloise et nantaise). Mais elle était loin de s’imaginer que son cas allait devenir « kafkaïen ». 

Rapidement, elle note qu’il manque des trimestres à son compteur. 16 au total. Quatre années qui correspondent à son statut d’indépendante, lorsqu’elle avait monté son affaire avec son ex-mari pour proposer des voyages clef en main. « A l’époque, je cotisais au RSI (régime social des indépendants). Mais, alors que cet organisme a été intégré depuis au régime général de la sécurité sociale, on m’a signalé qu’ils ne voyaient pas de trace de mes contributions. C’est alors que mes soucis ont commencé. Transformés en une vraie galère, » témoigne-t-elle.

L’impression d’être menée en bateau

De relances en rappels, de mails en recommandés, sa situation n’évoluera pas depuis. « Je suis face à un mur », peste celle qui parvient à comprendre qu’un bug informatique serait aussi à l’origine de la complexification de son dossier. « Je me suis retrouvée avec trois numéros de Siret après ma radiation », indique-t-elle. « Personne n’a rien compris ». Encore moins cette sexagénaire qui a la désagréable impression d’être menée en bateau. « On m’envoie des mails pour dire de réactualiser mon dossier, mais quand je clique sur le lien je n’en ai aucun. On tombe sur des plates-formes à Hong-Kong ou Macao sur lesquelles à chaque fois on réexplique notre situation. Et quand on nous dit qu’un gestionnaire va reprendre contact avec nous sous 48 heures, on attend en vain », liste par exemple celle qui est à bout.

Pire, pendant la crise sanitaire, on l’a invitée à venir à Paris pour examiner son dossier avec elle. « En plein Covid, alors que suis en arrêt-maladie suite à un cancer de la gorge et que j’ai perdu 34 kg, on demande à une personne considérée comme fragile de venir dans une zone rouge, car on m’indique qu’il est impossible administrativement de déplacer le dossier en région : on marche sur la tête ».

La sexagénaire avait envoyé son dossier enrubanné. L'administration ne lui fait pourtant pas de cadeau.
La sexagénaire avait envoyé son dossier enrubanné. L’administration ne lui fait pourtant pas de cadeau. ©D.R.

Charge mentale permanente

Cette affaire ne cesse de la peser. « C’est une charge mentale permanente ». Evidemment pas question de s’assoir sur autant de trimestres. « Je ne sais pas ce que ça vaut. C’est une surcote. Mais que les complémentaires fassent leur boulot. Elles bloquent mon dossier depuis 4 ans. Même depuis 10 ans car je me rends compte que rien n’a été actualisé depuis ma radiation du RSI. Est-ce normal ? », s’interroge celle qui a écrit au ministère des Solidarités.

Le dossier constitué par la future retraitée.
Le dossier constitué par la future retraitée. ©D.R.

Aujourd’hui, Evelyne Lazier voudrait, en dehors de son cas personnel, dénoncer ce système. « On est face à des robots. Totalement déshumanisés. On ne peut pas parler en face à face, » déplore celle qui voudrait rassembler des personnes qui vivent la même « aberration ». Elle vient de à créer un groupe Facebook où elle espère récupérer des témoignages.  « Je ne crois pas être la seule dans ce cas. Et je pense à ceux qui n’ont pas d’aisance avec le numérique, cela doit être pire », relate Evelyne, plutôt connectée. La bientôt retraitée rit jaune quand elle lit : « Pour votre retraite, simplifiez-vous la vie : faites tout sur internet ». A 15 jours de cette nouvelle étape, sa situation n’est pas réglée. 

Groupe Facebook :  « Le R.S.I. m’a tuer » 

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre L’Hebdo de Sèvre et Maine dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.





Source link

Quelle est votre réaction ?

Articles Similaires

1 of 11 007

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.