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Macron, LR, PS, RN… l’art du changement de pied sur le départ à la retraite

L’extrait vidéo est devenu viral ces derniers jours sur les réseaux sociaux. On y voit Emmanuel Macron se prononcer contre… l’allongement de la durée de travail. « Est-ce qu’il faut reculer l’âge légal, aujourd’hui à 62 ans ? Je ne le crois pas. Tant qu’on n’a pas réglé le problème du chômage dans notre pays, ce serait assez hypocrite », disait-il en avril 2019. Un changement de pied dénoncé par les opposants au projet de loi du gouvernement, qui prévoit la retraite à 64 ans avec l’accélération de la réforme Touraine. Mais le président de la République n’est pas le seul à avoir modifié sa position sur cette épineuse question.

Emmanuel Macron (et son gouvernement)

En 2019, donc, dans le cadre du Grand débat national, Emmanuel Macron évoquait la lutte contre le chômage pour mieux balayer l’idée d’un allongement du départ à la retraite. Le président expliquait aussi qu’il n’avait pas reçu de mandat pour ça, vantant plutôt son projet de mise en place d’un système universel par points, qui sera finalement abandonné en raison du Covid-19 en début d’année 2020. Trois ans plus tard, pourtant, le président-candidat a défendu « l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans » pendant la campagne présidentielle. Dans l’entre-deux tours, pour tenter de récupérer une partie de l’électorat de gauche, le chef de l’Etat adoucissait toutefois sa position, « ouvrant la porte » à un départ à 64 ans, pour trouver un « consensus » sur ce sujet sensible avec les partenaires sociaux.

Des déclarations de ministres ont également été déterrées sur les réseaux sociaux. Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire, expliquait dans un blog son opposition à la réforme de François Fillon en 2010. « Les gens veulent partir à la retraite avant de mourir de fatigue au travail », écrivait-elle. Enfin le ministre du Travail Olivier Dussopt, en charge du texte actuel, dénonçait la même année une loi « doublement injuste », demandant à ce que « l’effort ne porte pas sur les seuls salariés ».

Les Républicains

Il n’y a pas si longtemps encore, la droite défendait d’une seule voix (ou presque) le report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. La mesure figurait dans le programme de François Fillon en 2017, de Valérie Pécresse lors de précédente présidentielle et de la plupart des autres candidats à la primaire LR. « Je relèverai l’âge de la retraite à 65 ans sur le quinquennat. Seul cet effort permettra de sauver notre système de protection sociale », disait ainsi Eric Ciotti dans son projet. Lorsque le chef de l’Etat avait lui-aussi présenté cette mesure, la droite avait d’ailleurs hurlé au « plagiat ».

Il y a quelques semaines, le ton était bien différent. Le même Eric Ciotti et d’autres élus LR ont fustigé le relèvement à 65 ans auprès d’Elisabeth Borne, le jugeant trop « brutal ». Après avoir défendu cette proposition pendant des années, la droite a finalement pesé de tout son poids à l’Assemblée nationale pour « alléger » le texte de l’exécutif.

Le Rassemblement national

Marine Le Pen espère incarner la force principale d’opposition à la réforme des retraites d’Emmanuel Macron. Et s’il est vrai que l’ex patronne du RN s’oppose de longue date à un allongement de la durée de travail, elle a aussi fait évoluer sa position lors de la précédente campagne. Après avoir défendu pendant dix ans un départ à la retraite à 60 ans « pour tous » avec 40 annuités, la députée d’Hénin-Beaumont a finalement revu sa copie en 2022. Soucieuse d’apparaître plus « crédible » économiquement, la candidate RN propose alors un système « progressif » selon l’âge d’entrée dans la vie active : retraite à 60 ans pour ceux entrés sur le marché du travail avant 20 ans et maintien de l’âge légal à 62 ans pour la plupart des autres. « Nous sommes pragmatiques. Ce n’est pas un revirement : on tient compte de la situation économique », tentera alors de justifier son bras droit, Jordan Bardella, évoquant les « 600 milliards d’euros de dettes » laissées par Emmanuel Macron.

Le Parti socialiste

La position du PS ces derniers mois est bien difficile à suivre. Lors de la précédente présidentielle, Anne Hidalgo et les socialistes défendaient le maintien de l’âge légal à 62 ans… sans toutefois toucher à la fameuse réforme Touraine. Ce texte, voté en 2013 par la majorité socialiste (avec les voix de l’actuel patron du PS Olivier Faure notamment), proposait d’allonger progressivement la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein, à 172 trimestres, pour les personnes nées à partir de 1973. C’est-à-dire les 43 annuités prévues dans le projet de loi du gouvernement actuel (en plus des 64 ans).

Mais quelques mois plus tard, la direction du PS virait sa cuti, en signant l’accord programmatique dans le cadre de la Nupes, qui proposait de « restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous après quarante annuités de cotisation ». Aujourd’hui, le PS semble désormais faire le grand écart : la retraite à 60 ans, oui, mais avec le maintien des 43 annuités. « Quand vous concluez une alliance, vous êtes amenés à faire des amendements à votre propre projet […] Sur les retraites, nous sommes de nouveau en train de discuter avec nos partenaires », dit Olivier Faure, ce lundi, sur Franceinfo. Pour un énième revirement sur le sujet ?

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