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Mais qui a tué Marcel Arnoult dans son appartement à L’Aigle ? Sept ans après, le mystère demeure

Cette de photo de Marcel Arnoult est la dernière que possède la famille
Marcel Arnoult  (©DR)

Sept ans ont passé depuis que le corps sans vie de Marcel Arnoult, 57 ans, a été retrouvé au cinquième étage du bâtiment Surcouf, dans le quartier des Vaux, à L’Aigle (Orne). Sept ans au bout desquels le, ou les meurtriers courent toujours dans la nature.

Malgré une enquête au point mort, Catherine Arnoult, son ex-compagne, continue de se battre pour enfin obtenir des réponses aux trop nombreuses questions restées en suspens dans cette affaire.

Séparés mais pas divorcés

Le couple se rencontre à Paris, avant de rentrer dans l’Orne pour emménager dans une maison à Rai, puis dans le quartier de la Madeleine. De leur union, naissent quatre enfants, auquel s’en ajoute un d’une précédente relation de Marcel Arnoult.

En 1998, après 20 ans de vie commune, les mariés se séparent mais ne divorcent pas pour autant. Chacun fait sa vie de son côté et Catherine Arnoult quitte l’Orne. Pas son mari, originaire de Saint-Hilaire-sur-Rille, qui finit par s’installer dans le quartier des Vaux à L’Aigle.

Marcel Arnoult vivait dans le bâtiment Surcouf
Marcel Arnoult vivait dans le bâtiment Surcouf (©Le Réveil Normand)

Tout bascule dans la nuit du 26 au 27 décembre 2014. Marcel Arnoult, héberge un homme de 32 ans. Ce dernier vient de se faire expulser de l’un des appartements voisins. Mais on sait peu de chose sur la suite de la soirée. Le lendemain, on retrouve le corps de Marcel Arnoult qui gît là, sans vie. Autour de lui, l’appartement est en désordre ce qui laisse penser à des traces de lutte.

A cet instant, Catherine Arnoult n’est au courant de rien. Ce n’est que trois jours plus tard qu’elle est informée du décès de son mari. « Je l’ai appris quand il l’autopsiait », explique-t-elle. Cette enquête lève le voile sur les causes de la mort. L’homme de 57 ans est décédé des suites d’une asphyxie.

Non-lieu pour les suspects

Du côté des suspects, l’homme hébergé par le cinquantenaire présente sept points de suture à la tête. Il est écroué à la maison d’arrêt de Caen tandis qu’un des voisins est placé sous contrôle judiciaire. Sauf que l’histoire comporte des zones floues. En juin 2015, six mois après avoir été écroué, le principal suspect obtient une remise en liberté en échange d’un contrôle judiciaire. Le trentenaire, alcoolisé au moment des faits, déclarait alors « ne pas se souvenir de toute la soirée ».

Et ses points de suture pourraient provenir d’une précédente dispute avec l’autre voisin. Marcel Arnoult l’aurait en fait hébergé et soigné. Des témoignages rapportent également que pas moins de quatre personnes auraient pu se retrouver au même moment dans l’appartement. Ensuite, l’enquête stagne jusqu’à décembre 2020.

En fin d’année dernière, un non-lieu est prononcé pour les deux suspects, faute de preuves pour caractériser l’infraction. Une décision incomprise.

« Lorsque son corps a été retrouvé, il comportait des blessures aux bras, aux tibias, au dos, à l’arcade sourcilière… On n’a même pas pu voir le corps tellement c’était dramatique. »

Catherine ArnoultEx-compagne de Marcel Arnoult

Assistée de son avocate, Maître Roth, elles n’ont pas fait appel dans les temps de ce non-lieu.

Alors, un nouveau dossier se monte pour relancer une procédure et attaquer le principal suspect. Ce dernier avait notamment déclaré en 2015, devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Caen, « qu’il assumerait ses responsabilités », s’il venait à être reconnu coupable des faits.

Ce non-lieu prononcé à l’égard des deux suspects tient aussi à un détail. Marcel Arnoult souffrait de problèmes cardiaques. L’hypothèse qu’il ait fait un arrêt cardiaque ce soir-là est retenue. Une précision qui suffit à amener un infime bénéfice du doute qui joue en faveur des suspects. Pourtant, la coïncidence semble quasiment impossible au vu des faits et des antécédents entre les protagonistes.

En effet, Marcel Arnoult les connaissait. Il les avait dépannés financièrement quelques mois plus tôt et cherchait à se faire rembourser. Des coups avaient même déjà été échangés deux mois auparavant. Marcel Arnoult s’était alors retrouvé à l’hôpital. Alors que les gendarmes conseillaient au cinquantenaire de porter plainte, celui-ci préférait éviter de passer par la justice pour ne pas envenimer la situation et laisser leur chance à ses ravisseurs de se racheter.

Les scellés disparaissent

L’autre point fondamental de la procédure concerne les affaires de Marcel Arnoult. Pendant l’enquête, elles sont placées sous scellé. Lorsque Catherine Arnoult cherche à les récupérer, en 2018, c’est la stupéfaction. Tout a disparu. « J’ai appris que les scellés avaient été levés quelques mois après le décès », précise-t-elle. Dans un courrier échangé avec Orne Habitat, le bailleur social explique « qu’aucun membre de la famille de Monsieur Arnoult ne s’est manifesté » et que par conséquent « une décision judiciaire en date du 3 août 2015 a chargé l’administration des Domaines de la gestion, de la succession de Monsieur Arnoult ».
Si le juge a bien pris l’initiative de libérer l’appartement, il a également indiqué qu’Orne Habitat devait prévenir la famille. Sauf que Catherine Arnoult affirme qu’elle ne l’a jamais su. Et ce n’est visiblement pas son déménagement en dehors de l’Orne qui la rendait inaccessible. En effet, le bailleur social, dans la foulée du décès de son conjoint, lui avait envoyé les retards de factures.
Où sont passés les biens de Marcel Arnoult ? Comment les récupérer ? Ont-ils été détruits ? Avec cette disparition des biens de son mari, c’est tous les souvenirs de lui qui s’évaporent. La photo ci dessus est la dernière de leur père qu’il reste à la famille.
Pour ne pas avoir prévenu la famille de la levée des scellés, une plainte a été déposée la semaine dernière contre Orne Habitat.

Se battre pour la vérité

Catherine Arnoult est déterminée à se battre. Pour Marcel, ses cinq enfants, et enfin connaître la vérité. Le décès a profondément atteint la famille et les répercussions sont importantes. L’une des filles du couple a sombré dans l’alcool depuis la mort de son père et son état de santé s’aggrave. Catherine Arnoult, très émue lorsqu’elle évoque son cas, pense qu’elle « va la perdre ».

La famille compte deux autres filles qui ont coupé les ponts et sont parties refaire leur vie en Corse. L’une des deux a tout de même renoué le contact avec sa mère depuis un an. Enfin, pour les deux frères, l’un est à Belfort, tandis que l’autre est actuellement trop occupé pour gérer un tel dossier. Du côté de la famille de Marcel Arnoult, sa sœur qui suivait le dossier a baissé les bras au moment du non-lieu en décembre 2020. « Je suis seule avec mon avocate », glisse Catherine Arnoult qui garde espoir.

« Je me bats. Ça a été mon mari et même s’il y a eu des hauts et des bas, c’est un être humain. Il travaillait dur depuis l’âge de 14 ans dans des métiers du bâtiment. On n’a jamais manqué de rien. Personne ne peut tuer quelqu’un sans que cela reste impuni. »

Catherine ArnoultEx-compagne de Marcel Arnoult

Aujourd’hui, Catherine Arnoult contre-attaque pour obtenir toute la lumière sur ces faits. Elle qui va sur ses 63 ans, se trouve à la retraite aujourd’hui. Si elle gère ce dossier avec son avocate, elle a également demandé à l’un de ses fils de reprendre le flambeau quand elle n’aura plus les moyens physiques de s’en occuper.

Nul ne sait combien de temps sera nécessaire pour obtenir des réponses mais ce qui est sûr, c’est que Catherine Arnoult ne lâchera pas. Jamais.4

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