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Manche : quand toutes les matières premières augmentent, les professionnels se serrent la ceinture

À la biscuiterie Burnouf, comme dans beaucoup d’autres commerces, la hausse des prix des matières première n’a pas encore été répercutée sur le prix de leurs biscuits.
À la biscuiterie Burnouf, comme dans beaucoup d’autres commerces, la hausse des prix des matières première n’a pas encore été répercutée sur le prix de leurs biscuits. (©Carole Le Goff)

Le prix du maïs a augmenté de 88 %, celui du soja de 73 %. Le blé et les produits laitiers ont pris de 28 %, le sucre 34 % et la viande, 10 %.

L’énergie, un poste clé

Selon lInsee, depuis l’année 2020, les prix à la consommation ont augmenté de 1,9 %. L’énergie est aussi un des secteurs fortement impacté, avec une hausse globale de 12,7 %, toujours sur un an. Le gaz notamment a subi au 1er octobre 2021 une nouvelle hausse record.

« C’est très violent, d’autant que depuis le début de l’année, le gaz a déjà augmenté de 57 % », détaille Grégory Garet, responsable de l’observatoire de la consommation de l’association UFC-Que choisir. Une augmentation si violente que Jean Castex, le Premier ministre, est intervenu jeudi 30 septembre soir à la télévision pour promettre la mise en place d’un « bouclier tarifaire pour nous prémunir contre ces hausses de tarifs ».

Dans son atelier de fabrication, Kevin Burnouf, gérant de la biscuiterie de Sortosville-en-Beaumont, doit faire face à toutes ces hausses. 

Comme beaucoup d’entreprises, nous avons constaté la flambée de toutes les fournitures. Par le passé, nous avions déjà connu une flambée du prix de la farine, ou celui du beurre, ou de l’essence. Là, c’est tout, au même moment. J’ai vérifié : de telles hausses, de toutes les matières… nous n’avions pas connu cela depuis la période après-guerre ! 

Dans l’atelier, les fours tournent quand même. « L’électricité et le gaz sont vraiment les postes qui font exploser nos charges, assure-t-il. La farine a augmenté de 20 %, c’est embêtant mais moins impactant que l’énergie. » Kevin Burnouf voit alors ses marges s’amenuisent, et fait le dos rond. Carton et plastique ont aussi augmenté. « Je commande mes emballages un an en avance. Je suis peut-être moins impacté que d’autres dans ce secteur », note Kevin Burnouf. 

Des augmentations en perspective

Pour tous ces artisans, toutes ces hausses vont finir par avoir des conséquences. « Surtout si le marché ne se stabilise pas et qu’elles perdurent. Nous ne pourrons pas avoir des marges à la baisse indéfiniment », note Kévin Burnouf. Pour que les entreprises survivent, une marge doit être respectée. 

Combien de temps les artisans pourront-ils encore tenir. « Plus très longtemps, assure le gérant de Sortosville-en-Beaumont. Et ça ne sera pas de gaîté de cœur, mais pour la survie de nos boutiques ! »

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