Marseille. CMA-CGM : de faibles taxes pour des superprofits, on vous explique pourquoi

Jusqu'à 20 964 conteneurs peuvent être stockés dans ce navire.
Jusqu’à 20 964 conteneurs peuvent être stockés dans ce navire. (©V.G./Normandie-actu)

La CMA-CGM, troisième plus grand armateur du monde, représente plus de 500 navires dans 160 pays différents.

L’entreprise est donc un des principaux acteurs économiques du pays, sa rentabilité n’est, depuis longtemps, plus à prouver.

14,8 milliards de profits sur les six premiers mois de l’année

L’armateur, détenue par la cinquième fortune française, la famille Saadé, a récemment annoncé avoir réalisé 14,8 milliards de dollars de profits sur les six premiers mois de l’année 2022. Elle avait réalisé 17,9 milliards sur l’ensemble de l’année 2021, ce qui était déjà un record. Elle va donc, sans doute, une nouvelle fois exploser son record de rentabilité cette année.

Comme l’intégralité du secteur du transport maritime de marchandise, la CMA-CGM a bénéficié de l’augmentation du prix du fret à cause de la crise. Or, l’entreprise Marseillaise a réussi à augmenter son profit alors que ses coûts ont eux aussi augmenté et que le volume de marchandises transportées a baissé.

Comment réussir ce tour de magie ? Pour schématiser, au premier semestre 2021, l’entreprise réalisait un profit égal à un tiers de son chiffre d’affaires. En 2022, son profit est égal à la moitié de son chiffre d’affaires. La CMA-CGM a donc démesurément augmenté sa marge.

Des répercussions d’un point de vue fiscal ?

Mais alors avec de tels bénéfice, combien la CMA-CGM paye-t-elle d’impôts ? En France, les entreprises payent l’impôt sur les bénéfices, qui s’élève à 25%. Or, il y a un régime spécial pour le secteur du fret maritime. 

À la place de l’impôt sur les bénéfice, les armateurs sont taxés de manière forfaitaire sur le tonnage de leurs navires. Ce régime spécial aboutit, dans une logique de compétitivité, à une imposition bien plus faible que celle prévue par le droit commun.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Par exemple, pour un bateau de 50.000 tonnes nettes, le montant d’impôt annuel s’élèverait à environ 24.700 euros. En bref, avec ce régime, l’augmentation des bénéfices de l’entreprise n’est pas prise en compte, seul le volume de marchandises l’est. Or, bien que la CMA-CGM ait extraordinairement augmenté ses bénéfices ce dernier semestre, le volume de marchandises, lui, a baissé.

« 90% des bénéfices du groupe sont réinvestis »

« 90% des bénéfices du groupe sont réinvestis », notamment pour « répondre aux enjeux environnementaux », se défend la compagnie maritime. 

Sur la question de la taxation des superprofits, à l’heure où de nombreux efforts sont demandés aux Français, la CMA-CGM se défend en assurant réinvestir intelligemment ces bénéfices conjoncturels. 

Ainsi, à la demande de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, la société octroie des tarifs préférentiels aux entreprises françaises. Elle s’est également engagée à investir massivement dans la réduction de leur impact environnemental, notamment par l’électrification des navires à quais.

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu Marseille dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.





Source link

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.