Meurtre à Cherbourg-en-Cotentin : « Je l’ai planté ! Il est dans le hall, il ne bouge plus »

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La victime gisait dans le hall d’un bâtiment de la résidence des Cols-Verts, rue du Caplain à Tourlaville. (©Archives / La Presse de la Manche)

Le 12 octobre 2019, à 22 h 30, les policiers de Cherbourg recevaient un appel téléphonique les avisant que le corps d’un homme blessé d’un coup de couteau gisait dans le hall d’un bâtiment de la résidence des Cols-Verts, rue du Caplain à Tourlaville.

Un résident de l’immeuble, âgé de 25 ans, avait expliqué qu’en allant vider ses poubelles, ou plutôt en allant relever son courrier, il avait découvert près des boîtes aux lettres l’homme inanimé, qui lui semblait pouvoir être un voisin.

« C’est devant la porte que je l’ai planté »

Appelés deux fois par ce jeune homme, les pompiers avaient tenté, en vain, de ranimer le blessé et avaient constaté son décès à 22 h 43, tout en étant intrigués par l’absence de traces de sang sur le lieu où il gisait. La victime avait été poignardée. Son corps présentait une plaie dans le dos et des traces de sang étaient visibles au niveau de ses narines et de sa bouche.

Première démarche des policiers : interroger l’homme qui les avait alertés. En entrant dans son appartement, ils y avaient découvert au niveau de la porte d’entrée des traces de sang frais le long du mur et jusqu’au plafond. Il s’était donc passé quelque chose chez lui.

Celui-ci lâchait le nom de la victime, un homme de 37 ans prénommé Elvis, bien connu sous le nom du « militaire », un ancien du 1er RIMa, qui avait combattu au Kosovo et en Côte d’Ivoire. Ce dernier n’était pas un inconnu pour l’accusé. Au contraire, c’était en fait un familier de ses soirées alcoolisées, souvent accompagnées de nuisances sonores dont se plaignaient les voisins.

4 g d’alcool dans le sang

Et il n’y avait pas du sang uniquement dans l’entrée de l’appartement. Les policiers en ont trouvé des traces également dans l’évier et dans la salle de bains. Le suspect de 25 ans était alors placé en garde à vue, et le lendemain matin, il avouait.

« Je vais vous dire franchement, c’est devant la porte que je l’ai planté. Le couteau, je l’ai nettoyé dans l’évier de la cuisine et je l’ai planqué sous la baignoire derrière une grande planche. »

L’accusé

Un couteau de cuisine de 32 cm, dont 20 cm de lame.

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Ils étaient six ce soir-là dans l’appartement : l’accusé, sa nouvelle copine et ses deux enfants, Elvis « le militaire », qu’il avait invité vers 17 heures à venir boire un verre, et un autre jeune qui se sortait de la galère, un « pote » sans être un copain de boisson, arrivé vers 20 heures. L’ambiance était bonne, bien que l’accusé ait déjà consommé de l’alcool, et surtout Elvis, qui tenait à peine debout tant il avait bu (l’examen toxicologique a révélé un taux de près de 4 g par litre de sang !).

En fait, il y a d’abord eu un premier accrochage au sujet d’un vol d’écouteurs. Il y a eu des échanges de coups, interrompus par l’hôte. Mais ce qui a fait tourner la soirée au drame, c’est l’agressivité d’Elvis qui s’en est pris aux gamins de la nouvelle copine de l’accusé parce qu’il les trouvait trop turbulents. C’en était trop et ils ont essayé de mettre Elvis dehors.

Et dans la confusion, l’accusé est allé chercher un couteau dans la cuisine, s’est glissé à côté d’Elvis en planquant l’arme et l’a poignardé, faisant entrer la lame d’au moins 14 cm dans le dos, d’un coup si violent qu’une côte a été coupée à ras de la colonne vertébrale.

« Je ne suis pas un PD ! »

Meurtre ou coups volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ? Jonathan a ensuite poussé son autre ami à quitter les lieux. « Je l’ai planté, je l’ai planté ! Il est dans le hall, il ne bouge plus », lui a-t-il dit en s’affolant. « Soit tu appelles les secours, soit c’est moi », lui a répondu son pote. Et c’est l’auteur du coup de couteau qui a appelé, il était 22 h 30.

À 22 h 48, il envoyait un message à son ami : « Je lui avais promis gros, je ne suis pas un PD ! T’as cru que j’étais une p… quand je t’ai dit que j’allais lui mettre. J’ai qu’une parole ! » Elvis et l’accusé s’étaient déjà « embrouillés » par le passé, et ce dernier avait menacé de mort l’autre en l’avertissant : « Je vais te planter. »

« J’ai tué Elvis »

Aujourd’hui, l’accusé déclare : « J’ai tué Elvis, mais je ne voulais pas le tuer ». Et c’est tout le débat de ce procès aux Assises de la Manche, à Coutances : est-ce un meurtre, c’est-à-dire le résultat d’une volonté de tuer, ou un coup ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ?

L’homme de 25 ans dit qu’il avait pris le couteau seulement pour faire peur. Mais le président de la Cour d’assises lui a rétorqué que, lorsqu’on veut faire peur, on brandit le couteau. Quelle est donc l’intention de celui qui le dissimule le long de sa cuisse, le manche dans sa main, la lame cachée le long de son avant-bras.

Questionné par le président, le médecin légiste, qui venait de décrire la violence du coup de couteau provoquant une terrible hémorragie interne, a simplement répondu : « L’évolution a montré ce qu’il en était, on ne peut que constater. »

L’accusé, qui avait déjà été condamné pour des violences sur une compagne, encourt, à cause de la récidive, la réclusion criminelle à perpétuité comme peine maximale, s’il est reconnu que son discernement était entier lors de la commission des faits.

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