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Mont-de-Marsan : des dizaines de familles sur le carreau après la liquidation judiciaire d’une auto-école

Une information que des parents apprennent via des commentaires sous la dernière publication de la page Facebook de l’établissement, qui indique le 16 décembre : « Pas de bureau pendant les vacances ! Bonnes fêtes de fin d’année ! » Didier…

Une information que des parents apprennent via des commentaires sous la dernière publication de la page Facebook de l’établissement, qui indique le 16 décembre : « Pas de bureau pendant les vacances ! Bonnes fêtes de fin d’année ! » Didier Cantinolle en fait partie. Il a inscrit sa fille en octobre, déboursant 1 000 euros pour une formule de conduite accompagnée. « Le gérant (qui était locataire et travaillait seul, NDLR) m’avait expliqué qu’il était en travaux et allait occuper l’arrière du bâtiment. » Même date, même somme et même discours pour Marion (1), qui choisit de faire confiance puisque « notre première fille a passé son permis là et ça s’était super bien passé ».

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« En septembre, quand nous sommes retournés à l’agence, il ne trouvait pas le dossier de mon fils, confie Fabienne Cabado, qui dit avoir pourtant inscrit son ado en février, payant également 1 000 euros. Je trouvais ça bizarre. » Elle poursuit : « Il nous a dit qu’il avait changé de logiciel et qu’on devait lui redonner les pièces justificatives. »

Un gérant « introuvable, injoignable »

Didier Cantinolle raconte que, dans son cas, « ça se complique un peu en décembre ». Mois lors duquel, selon le tribunal de commerce, le gérant a fait les démarches pour demander une liquidation judiciaire. Selon le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, il était en cessation de paiements depuis le 1er janvier 2022.

Après des cours de code suivis en distanciel, la fille de Didier Cantinolle se sent prête à passer l’examen mais ne parvient pas s’inscrire, car elle ne possède pas le code NEPH demandé (un numéro d’identification attribué par la préfecture aux candidats, NDLR). Le père appelle l’auto-école pour le récupérer. Pas de réponse du gérant. « J’envoie plusieurs messages, SMS, mails. » Toujours pas de réponse. « Arrivé aux fêtes de fin d’année, je tombe sur une sonnerie, comme s’il avait bloqué mon appel. » Et depuis la liquidation judiciaire, « il est introuvable, injoignable », déplore Marion (2).

« Je suis dégoûtée. Le resto est ouvert depuis la rentrée, ça ne s’est pas fait en deux deux ! »

D’abord démunis face à la situation, « des parents ont pris les choses en main », se réjouit Fabienne Cabado. Notamment la femme de Didier Cantinolle, qui a décidé de créer un groupe WhatsApp, nommé Recours auto-école. « Au départ, il y avait trois personnes », indique-t-il.

Actuellement, il en compte 44. Ce groupe permet à ses membres de se réunir, de partager les informations et de se conseiller sur les démarches à suivre. Dans un premier temps, se rapprocher de la préfecture, qui a appris à nombre d’entre eux que, contrairement à ce qu’ils pensaient, leurs enfants n’étaient pas inscrits et n’avaient pas de dossier. Dans un second temps, déclarer ses créances auprès du liquidateur judiciaire.

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Problème : « Plein de familles n’ont pas de facture » ni de documents à fournir, constate Didier Cantinolle. C’est, entre autres, le cas d’Alexandra, qui déclare « n’avoir signé qu’un devis de contrat » et n’avoir en sa possession qu’un ordre de virement ainsi qu’un échange de mails. Elle aussi assure avoir déboursé 1 000 euros, dont la moitié sortait de la poche de son fils de 15 ans. « Il a les boules ! »

Peu d’espoir de remboursement

Et pour cause : la plupart des parents n’ont que peu d’espoir d’être remboursés. Car dans le cas d’une liquidation judiciaire, le liquidateur doit rembourser ses créanciers selon un ordre légal, les prioritaires étant le fisc, les banques ou encore l’Urssaf. Faute de solution, beaucoup se dirigeront donc vers une autre auto-école et se préparent, bien malgré eux, à remettre la main au porte-monnaie. « Même si ça va faire cher, on peut faire face », soupire Fabienne Cabado, résignée. Elle craint cependant de devoir « faire des concessions de vacances pour accompagner [son] fils sur son lieu de travail » saisonnier, si ce dernier ne parvient pas à passer son permis d’ici l’été.

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« Je suis dégoûtée. Le resto est ouvert depuis la rentrée, ça ne s’est pas fait en deux deux ! », tempête Alexandra, ajoutant : « On a l’impression de s’être fait rouler dans la farine. » En colère face à un comportement jugé « malhonnête », elle et d’autres parents ont déposé plainte vendredi 20 janvier. 23 en tout. Un rendez-vous avec un avocat du CCAS est également prévu le 1er février.

Vingt-trois plaintes ont été déposées vendredi 20 janvier.
Vingt-trois plaintes ont été déposées vendredi 20 janvier.

M. B.

Ils espèrent encore avoir des réponses à leurs questions, à l’instar de Marion : « Où sont passés tout cet argent et tous ces dossiers ? C’était quoi son but ? Pourquoi n’a-t-il pas inscrit ma fille ? Il a peut-être une très bonne raison… »

(1) Les prénoms ont été modifiés car ces mères de famille souhaitaient rester anonymes.

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