Né dans l’Orne, le coureur professionnel Nicolas Prodhomme dresse le bilan de « sa grosse saison »

Nicolas Prodhomme au terme d'une étape de son second Tour d'Espagne à 25 ans
Nicolas Prodhomme au terme d’une étape de son second Tour d’Espagne avec son équipe AG2R Citroën Team ©L.Ferron/YP Média

Réveil Normand : Comment allez-vous après ce Tour d’Espagne qui s’est conclu le 11 septembre dernier ?

Nicolas Prodhomme : Ça va super ! On récupère gentiment de la Vuelta (ndlr, Tour d’Espagne). Aujourd’hui j’habite sur Aix-les-Bains et, avec mes compagnons de course qui habitent la région, on a été rouler tous ensemble. Donc, je peux dire que ça va, les jambes tournent encore (rires) !

RN : Lors de cette édition, on vous a moins vu à la bataille pour des victoires d’étapes que l’an dernier. Quel regard portez-vous sur votre performance cette année ?

NP : L’an dernier c’était mon premier Grand Tour. On ne va pas dire que j’ai eu de la chance mais l’échappée était allée au bout, j’avais pu tenter ma chance dans les derniers kilomètres mais cette année je n’ai pas eu cette opportunité. Et puis il faut dire que le niveau général de cette Vuelta était vraiment plus relevé que la saison passée. Il y avait de gros clients pour le classement général et pour les victoires d’étapes qui verrouillaient la course. Et puis j’avais aussi du travail pour le général en aidant mon leader.

RN : Justement, sur le plan collectif, votre leader Ben O’Connor s’est finalement classé 8e du classement général, est-ce un résultat satisfaisant pour votre équipe ?

NP : Pour nous, le classement général c’était vraiment important. On devait jouer notre carte avec Ben O’Connor qui peut jouer de très belles places dans ce type de courses. Il a eu des problèmes musculaires sur le Tour de France donc par défaut il s’est reconcentré sur la Vuelta. C’est toujours difficile de devoir réaxer sa préparation sur une autre course après ce type d’imprévus. Après, huitième d’un Grand Tour ça reste une bonne performance.

RN : Avez-vous ressenti des différences particulières entre la Vuelta de l’an passé et celle de cette année ?

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NP : Cette année je savais un peu plus où j’allais, c’est quand même mon troisième Grand Tour en un peu plus d’un an, j’avais donc plus d’ambition cette année. Mais la grosse différence reste le niveau général du plateau qui était vraiment très compétitif. C’était la majeure différence par rapport à l’année dernière.

RN : Vous avez participé à de nombreuses courses du World Tour (ndlr, plus haut niveau du cyclisme mondial) cette année. Avez-vous l’impression que votre statut évolue au sein de votre équipe ?

NP : Oui, c’est sûr. L’an passé j’ai participé à des World Tour mais c’était plus pour compléter l’équipe. Cette année c’était programmé comme ça, j’ai été plus acteur de mon calendrier. Mais c’est clair, je sens que mon statut évolue et que l’équipe me fait de plus en plus confiance. Et puis, ma récente performance sur le Tour de Suisse, juste après le Giro, a montré à l’équipe qu’ils pouvaient compter sur moi.

RN : Pouvez-vous nous expliquer votre rôle dans ce genre de courses, êtes-vous plus un électron libre où un réel équiper pour votre leader ?

NP : Tout dépend du programme de la course et des objectifs collectifs. Il y a des étapes où le leader n’a pas besoin d’avoir toute l’équipe à ses côtés. Donc il y a parfois deux ou trois coureurs libres de tenter leur chance pour aller à l’avant. Ça a été mon cas sur une étape dans la Sierra Nevada où j’ai pu m’échapper. Il n’y a qu’un seul gars qui est allé au bout dans cette échappée. Une fois que j’ai été repris par le peloton je me suis directement remis au service de mon leader.

Nicolas Prodhomme à l'arrivée de la 14ème étape, derrière le colombien Sergio Higuita (premier plan).
Nicolas Prodhomme (à gauche) à l’arrivée de la 14ème étape, derrière le coureur  colombien, Sergio Higuita (premier plan). ©L.Ferron/YP Média

RN : L’an passé, vous aviez indiqué à l’un de nos journalistes vouloir découvrir le Giro (ndlr, Tour d’Italie) et c’est à présent chose faite. Le prochain objectif c’est le Tour de France ?

NP : Le Tour de France fait rêver tout cycliste, c’est sûr. Après la sélection est très dure et votre calendrier est fait en conséquence pour être en meilleure forme possible pour cette course. Les deux autres Grands Tours sont tout aussi intéressants et la pression est moindre dans ceux-là. J’aimerais le faire au moins une fois dans ma carrière mais je pense que c’est encore un peu tôt pour moi. Je préfère y aller pour être acteur que juste pour y faire de la figuration.

RN : Vous avez récemment prolongé avec votre formation AG2R Citroën Team, quel est votre sentiment à ce sujet ?

NP : J’étais en fin de contrat et on discutait avec l’équipe. Ils étaient intéressés pour que je continue l’aventure avec eux, je l’étais aussi. Je n’ai même pas cherché à regarder ailleurs. Ils m’ont fait confiance et comme ces deux dernières saisons se sont très bien passées, nous n’avons pas hésité. Ils attendent à ce que je reproduise mes performances récentes et ils attendent que je saisisse toutes les opportunités qui s’offrent à moi en course. Je suis très satisfait d’être dans cette équipe.           

RN : On sent, c’est vrai, une progression certaine dans vos performances. Est-ce que, de votre côté, vous vous sentez de plus en plus en confiance ?

NP : C’est vrai que ça va dans le bon sens pour moi. Cette année je n’ai pas fait beaucoup de résultats mais c’est aussi parce que mon calendrier était très chargé. J’ai fait beaucoup de courses World Tour et aujourd’hui pour que je puisse gagner des courses, il faudrait que je fasse des courses de moindre niveau. Après, le World Tour me fait énormément progresser dans tous les cas. Je vais essayer de tout mettre en œuvre pour lever les bras le plus rapidement possible.

RN : Quel est votre bilan personnel pour cette saison 2022 ?

NP : Ça a été une très grosse saison pour moi en termes de jours de course. Je suis le coureur qui a le plus couru cette saison dans l’équipe avec plus de 80 jours de course. Mon début de saison a été perturbé par des creux dans mon calendrier qui ont décalé mes pics de forme. J’ai commencé le Giro en étant pas à 100 % mais ça m’a permis de bien le terminer. L’équipe a vu que je récupérais bien, c’est pourquoi j’ai été positionné sur le Tour de Suisse puis sur le Tour d’Espagne. L’an passé, j’ai fait plus de Top 10 mais sur des courses de moindre niveau sans les dénigrer. Il y a des coureurs qui arrivent très jeunes au haut niveau, moi ce n’est que ma deuxième saison chez les pros alors ça montre que j’ai encore une marge de progression.

RN : Sur quelles courses pourra-t-on vous suivre dans les prochaines semaines ?

NP : Pour le moment je suis programmé sur une classique italienne et puis après on verra entre les sensations et de la motivation… Mais je pense ne pas refaire beaucoup de courses sur cette fin de saison. 

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