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Paroisse de Baud-Pluméliau. Le Père Francis Le Goff, le dernier des Mohicans

Le Père Francis Le Goff donne beaucoup aux jeunes comme il apprend beaucoup d'eux.
Le Père Francis Le Goff donne beaucoup aux jeunes comme il apprend beaucoup d’eux. (©Gilles Queffélec / La Gazette du centre Morbihan)

Vicaire à Baud pendant 8 ans (de 1998 à 2006), recteur de la paroisse de Pluméliau depuis 2010 puis de celles de Bieuzy et de Melrand, le Père Francis Le Goff est aujourd’hui… le dernier des Mohicans. Le dernier curé encore en exercice sur tout le secteur paroissial du pays de Baud, après le départ de son homologue de Baud, Jean-Yves Le Guével (lire notre édition du jeudi 23 septembre).

« J’aime me sentir… vivant ! »

Mais l’homme aime les challenges. Et déteste rester dans sa zone de confort. Alors, le nouveau défi qui se présente à lui, ne l’inquiète pas plus que cela. 

« C’est certain, quand j’étais à Baud, nous étions cinq prêtres. Là, me voilà tout seul pour gérer deux paroisses administratives et six communes. Il va falloir s’adapter. Moi, mais également les bénévoles et les pratiquants. Comme dans une équipe de football. Il va falloir nous retrousser les manches pour que la vie de nos paroisses perdure ».

Père Francis Le Goff

Lui est donc prêt à le faire. Et il est aidé dans sa tâche par un prêtre qui viendra dire quelques messes. Mais aussi par les trois diacres du secteur : Jean-Yves Guillaume, Michel Le Gouellec et Francis Servel.

Les jeunes, son oxygène

Alors bien sûr, au grand dam de certains fidèles, il a d’ores été déjà été obligé de bouleverser l’agenda des messes. Comme à St-Barthélémy où elle n’a plus lieu le dimanche matin mais le samedi à 18h. « L’église s’adapte à la société actuelle. Certes, il y a moins de curés mais il y a aussi moins de catholiques pratiquants », concède le Père Francis Le Goff.

Un homme d’Église plutôt atypique, qui puise toute son énergie chez… les jeunes. « Mon premier camp comme chef de scouts, je l’ai fait à 18 ans ». Pas un été ne s’est passé depuis sans qu’il s’attelle à organiser un rassemblement pour les jeunes. C’est d’ailleurs pour lui, un besoin vital. Une bouffée d’oxygène qu’il s’accorde une fois l’année. « Je serai incapable de partir seul en vacances ! »

À 53 ans, le Père Le Goff dont le tutoiement est naturel au contact des jeunes, donne pourtant de sa personne lors de ces virées montagnardes. Comme l’été dernier où il a effectué 140 kilomètres sur le GR 20 de la Corse avec sa vingtaine de jeunes. « J’ai fini à bout avec 39° de fièvre. C’était rude. Beaucoup ont souffert, ont pleuré ». Mais ce n’est rien à côté de ce qu’a apporté cette nouvelle aventure au plus près de la nature.

Comme tous les ans, une vingtaine de jeunes ont participé au camp d'été organisé par le Père Francis Le Goff. Ils ont parcouru plus de 140 km sur le GR20 en Corse.
Comme tous les ans, une vingtaine de jeunes a participé au camp d’été organisé par le Père Francis Le Goff. Ils ont parcouru plus de 140 km sur le GR20 en Corse. (©La Gazette du Centre Morbihan)

« Un concentré d’humanité »

« C’est lors de ce genre d’expérience que l’on se sent vivant ! C’est pour cela que j’invite tous les jeunes à vivre de tels moments. On apprend le dépassement de soi, le sens de l’effort et surtout le partage. Dans une société où l’individualisme est omniprésent, voir un jeune descendre d’un sommet pour venir chercher votre sac à dos parce que vous n’en pouvez plus, nous avons là, un concentré de l’humanité ».

Et c’est toutes ces choses précieuses que le Père Francis emmagasine depuis toutes ces années auprès des nouvelles générations. « Comme toutes ses rencontres qui rythment notre périple. Moi, je préfère vivre un Koh Lanta que de le regarder dans mon fauteuil ! »


« Ça vous change un jeune »

Il en est persuadé aussi. Une telle aventure vous change un homme. Encore plus, un jeune. Et c’est pour l’homme d’Église, sa plus belle victoire. Comme lorsqu’il reçoit un courrier d’une mère qui le remercie d’avoir fait mûrir et grandir son fils en quelques jours.

Alors le dernier des Mohicans n’a pas l’intention de rendre les armes, bien au contraire.

Plein d’énergie, le curé des paroisses du secteur de Baud, est de ceux qui transmettent cette joie de vivre qu’il peut parfois nous manquer. Il ne cesse d’ailleurs de le dire : « une vie se pense par la fin et non le début ». Une fois que l’on a compris ça… « 

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