PAYS D’UZÈS Des composteurs gratuits pour les habitants et des projets pour l’ancienne cave coopérative de Saint-Siffret

Le conseil communautaire de la CCPU s’est tenu ce lundi 26 septembre, à la salle polyvalente d’Uzès. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ce lundi soir, le conseil communautaire de la CCPU (Communauté de communes Pays d’Uzès) s’est réuni et les élus ont accordé à l’unanimité le droit de préemption de l’ancienne cave coopérative de Saint-Siffret à l’intercommunalité. Le bâtiment, actuellement à la vente, est une friche industrielle sans activité depuis trois ans, s’étendant sur une surface de plus de 5 000m2 constructible. 

La CCPU est donc prioritaire pour acquérir ce bien « bien situé avec d’immenses possibilités« , selon les mots du rapporteur de la délibération, Christian Petit. Le maire de Belvezet, Michel Lafont, se demande s’il y a déjà des idées de ce que pourrait devenir ce bâtiment. « Cela fera l’objet d’un débat en commission si nous devenons propriétaires, répond le président de la CCPU, Fabrice Verdier. Il y a déjà une proposition qui a été faite sur la base de l’estimation des domaines (qui s’élève à 320 000 €, NDLR) destinée à la coopérative de Saint-Maurice-de-Cazevieille, actuel propriétaire. Après se posera la question de ce que l’on peut faire de ce foncier agricole, qui peut devenir économique ou avec des services publics. »

Les élus ont voté à l’unanimité la délibération accordant le droit de préemption urbain à la CCPU sur l’ancienne cave coopérative de Saint-Siffret. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Dans un moment de « grande contrainte sur le foncier« , Fabrice Verdier voit dans ce bâtiment une opportunité. L’État encourage la reconquête des friches plutôt que d’imperméabiliser de nouveaux sols. Un programme Région-État a d’ailleurs été créé pour subventionner les opérations de ce type, souvent plus coûteuses que sur un terrain nu. À un moment, le bâtiment était approché pour devenir un garage à caravanes. « Je trouvais un peu dommage de gaspiller 5 000m2. Cela nous donne de la réserve foncière. Si d’autres communes ont des friches industrielles, on est tout à fait disposé à étudier« , continue le président. Quelques mois plus tôt, la ville d’Uzès a déjà fait le transfert de la friche du Mas de Mèze à la CCPU.

« Dans le Pays d’Uzès, on produit en moyenne 140kg/an/habitant de biodéchets »

Les élus ont ensuite longuement parlé compost. En effet, la CCPU va signer une convention de partenariat avec le SICTOMU pour proposer 13 000 composteurs individuels aux habitants. Et ce gratuitement (*). « Les enjeux écologiques auxquels nous sommes confrontés appellent à une prise de conscience collective et à changer nos pratiques. Dans le Pays d’Uzès, on produit en moyenne 140kg/an/habitant de biodéchets qui se retrouvent souvent dans les ordures ménagères. La politique la plus pertinente pour les baisser, c’est adopter le compostage« , contextualise Gérard Dautreppe, vice-président délégué à la Gestion des déchets.

La convention prévoit aussi une formation d’une personne au sein du foyer pour qu’elle fasse bon usage de son composteur. Il y aura aussi des opérations de sensibilisation du public avec des stands, des films portant sur les moyens de baisser ses quantités d’ordures ménagères qui coûtent de plus en plus cher à la CCPU. La flambée du prix du transport et du traitement est loin de s’arranger avec l’actuelle inflation. « Plus on aura un tri optimal, plus on aura de chances de maintenir à un certain niveau la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères). Plus on arrivera à convaincre nos concitoyens de faire du civisme, moins l’addition sera salée. La TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) est passée à 45 €/tonne alors qu’elle était encore récemment à 15 €/tonne« , déplore Fabrice Verdier, qui milite pour une union départementale pour davantage peser dans les décisions.

L’élue uzétienne, Lydie Pastre Defos du Rau (à gauche), a suggéré des ateliers de fabrication de composteurs en bois avec les palettes jetées dans les déchetteries. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Grâce à cette opération de composteurs, la CCPU espère une réduction de près de 30% du poids des poubelles noires. Le compost peut ensuite être utilisé dans les potagers et les jardins pour enrichir les sols. Fabrice Verdier compte bien appliquer le même dispositif aux huit communes de la CCPU qui dépendent du SITOM. La délibération a été votée à l’unanimité mais a suscité de nombreuses réactions. Le maire de Saint-Maximin, Henri Arqué, confronté à la problématique des dépôts sauvages, estime qu’il « faut aller au-delà de la convention et avoir un débat sur ces incivilités« . Gérard Dautreppe préconise la vidéosurveillance pour relever les infractions et qui peut « dissuader« . Ce qui n’est pas vraiment l’avis du maire de Belvezet qui pense que « cela déplace le problème« .

Quant à l’élue uzétienne, Lydie Pastre Defos du Rau, elle a suggéré aussi des ateliers pour fabriquer des composteurs avec les chutes de palettes en bois se trouvant dans les déchetteries. Et Pascal Gisbert (La Bastide-d’Engras) aimerait aussi distinguer les « gens qui font des efforts » et qui jettent moins que d’autres. Dans ce souci-là, l’Agglomération voisine du Gard rhodanien prépare le passage à la redevance incitative au 1er janvier 2023.

Marie Meunier

Et aussi… La CCPU s’est engagée oralement à soutenir financièrement Alès Agglomération qui veut sauver son abattoir de proximité. La structure doit subir d’importants travaux et remises aux normes et la facture a été réévaluée de plus de 5 millions d’euros. La CCPU devrait donner l’équivalent d’un euro/habitant.

(*) Les composteurs sont financés à 50% par le SICTOMU et le reste à charge qui revient normalement à l’administré est absorbé par la CCPU. Pour réussir son opération, l’intercommunalité voulait que le prix ne soit pas un frein.

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