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Plus d’une centaine de caravanes s’installe sans autorisation à Pont-l’Evêque, le maire porte plainte

Gens du voyage pont-l'evêque
Plusieurs dizaines de caravanes se sont installées sans autorisation derrière la mairie. ©Camille RUFFRAY

Yves Deshayes, le maire de Pont-l’Evêque (Calvados), a porté plainte ce lundi 4 juillet 2022 auprès de la gendarmerie notamment pour l’installation sans autorisation de gens du voyage sur un terrain privé appartenant à la mairie.

Environ 150 caravanes sont actuellement installées sur l’herbage des Hunières, derrière la mairie, avenue de la Libération, soit une centaine de familles.

« J’ai fait tout ce que je pouvais pour interdire leur installation afin de protéger mes habitants, on se sent totalement impuissant. On est obligés de subir le non respect de la loi de par ces personnes alors que notre mission de pouvoir de police, c’est justement de faire respecter la loi. C’est terrible de voir ça pour les élus que nous sommes et pour la population », »

Yves Deshayes, maire de Pont-l’Evêque.

Le maire tente de faire barrage

La veille, dimanche 3 juillet, en fin de matinée, le premier édile a été prévenu par un de ses conseillers municipaux de l’arrivée de caravanes sur le terrain des Husnières, avenue de la Libération. Un terrain de 4 hectares, appartenant à la mairie dont une partie est louée par convention avec la Safer à un agriculteur de Clarbec.

« Pour y entrer, ils ont forcé les deux portails en sectionnant les deux cadenas et sont entrés sur la parcelle où une dizaine de bovins s’y trouvait. Je fais face à cette situation dans la ville depuis plusieurs années, mais c’est la première fois que je les vois s’installer sur un terrain occupé par des animaux », explique-t-il. Alors que six caravanes avaient déjà pénétré sur l’herbage, le maire s’est rendu sur place pour faire barrage avec son propre véhicule. « J’y suis resté plus de trois heures », résume le premier édile, qui a échangé avec le pasteur. Selon le maire, l’installation de cette communauté était initialement prévue à Villerville.

Les négociations restent vaines

Les gendarmes de la communauté de brigades de Pont-l’Evêque et du PSIG de la compagnie de Deauville sont rapidement intervenus, avant l’arrivée vers 14 h 30 du coordinateur départemental à la demande du maire. « Malgré des propositions alternatives de terrains pouvant convenir formulées par le coordinateur et la gendarmerie, alors que tous les axes était paralysés par le convoi des véhicules, j’ai été contraint de les laisser entrer après que l’éleveur ait du déplacer ses bovins sur une autre parcelle », se désole le maire, qui souligne une perte d’exploitation pour l’agriculteur.

D’autres plaintes

Le maire a également porté plainte pour l’installation illégale d’une tente sans autorisation, se dégageant ainsi de tout dommage causé. Mais aussi pour le raccordement clandestin au réseau électrique et eau potable. « Ils se sont raccordés au poteau incendie face au centre de secours, de l’eau qui n’est pas revendue et qui est considérée comme perdue. Cela entame donc le coefficient de rendement et chaque fois qu’il est entamé, une pénalité est appliquée par l’agence de l’eau. Le contribuable pontépiscopien paye donc deux fois. »

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Dans sa plainte, il a également rappelé que le terrain était classé en zone inondable et classée protégée. « Je me pose la question du rejet des eaux usées en milieu naturel et de l’impact sur la qualité de l’eau dans la Touques. Et suite au stationnement d’un très grand nombre de caravanes, du risque sanitaire pour les animaux qui reviendront paitre. »

Le tuyau de raccordement traversant la Touques et la voie verte, il souligne que celui-ci constitue « une entrave à la circulation des canoë-kayak ainsi que des usagers de la voie verte. » « En cas d’accident, je me dégage de toute responsabilité. » 

Quid des terrains pour les gens du voyage ?

Un arrêté en date de 2014 interdit l’installation de caravanes dans la ville. Si la communauté de communes Terre d’Auge n’a pas encore trouvé de terrain dans le cadre du schéma départemental d’accueil des gens du voyage, la ville de Pont-l’Evêque n’est pas tenue d’en disposer puisqu’elle recense moins de 5000 habitants. Faisant face à cette situation depuis plusieurs années, le maire a toujours porté plainte, espérant déclencher des procédures d’évacuation.

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