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plusieurs femmes témoignent contre Nicolas Hulot dans « Envoyé spécial »

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Dans un reportage diffusé jeudi soir dans l’émission « Envoyé spécial » sur France 2, trois femmes ont témoigné contre Nicolas Hulot à propos de faits qui auraient eu lieu entre 1989 et 2001, prescrits donc. Le militant écologiste, qui nie formellement ces accusations, a annoncé son retrait de la vie publique la veille de la diffusion.

Caresses ou baisers par surprise, tentative de fellation forcée : dans un reportage long de 62 minutes, diffusé durant la soirée du jeudi 25 novembre sur France 2 dans « Envoyé spécial », trois femmes ont pris la parole et accusé Nicolas Hulot de viols et d’agressions sexuelles. Deux d’entre elles, Sylvia et Cécile, ont parlé à visage découvert. Une troisième, se présentant comme une ancienne collaboratrice, l’a fait de façon anonyme.

L’enquête comprenait également le témoignage de la militante écologiste Claire Nouvian et est revenue sur la plainte pour viol déposée en 2008 par Pascale Mitterrand, petite-fille de l’ancien président de la République ; celle-ci fut classée sans suite car les faits, remontant à 1997, étaient prescrits.

« Entre une gamine de 16 ans et Nicolas Hulot, qui allait me croire ? »

Sylvia dit avoir été agressée sexuellement en 1989, à l’âge de 16 ans, par Nicolas Hulot. Elle raconte avoir été invitée à assister à une émission qu’il animait alors à Paris. L’homme engagé sur les questions écologiques aurait ensuite proposé de la raccompagner en voiture à une station de métro mais l’aurait finalement conduite dans un parking à ciel ouvert. « Et là, il sort son sexe (…), il a pris ma main, il m’a demandé si je l’avais déjà fait avec des garçons », raconte Sylvia. « Il me force à lui faire une fellation que je ne fais pas réellement parce que je crois que je suis tétanisée. »

Elle ajoute n’en avoir parlé que bien plus tard à sa mère et à un ami. Pourquoi ne pas avoir porté plainte ? Entre « une gamine de 16 ans (et) Nicolas Hulot, qui allait me croire ? », répond-elle.


Cécile était contractuelle en septembre 1998 à l’ambassade de France à Moscou, dit-elle. Alors âgée de 23 ans, elle est sollicitée pour aider l’équipe de l’émission « Ushuaïa » et son animateur vedette à débloquer du matériel de tournage coincé en douane. Pour la remercier, Nicolas Hulot l’invite à dîner avec l’équipe. Cécile revient en détail sur cette soirée. 

Elle est dans un taxi avec Nicolas Hulot. « Il se jette sur moi, il essaye de m’embrasser », puis lui touche les seins et l’entrejambe, dit-elle. « J’ai frappé comme j’ai pu, (…) je crois que le ‘non’ était très clair. » Porter plainte ? « En Russie ? À Moscou ? Contre un ami du président Jacques Chirac ? Non, ça ne m’est pas venu à l’idée », déclare Cécile.

Une enquête longue de quatre ans

L’autre femme interrogée dit avoir travaillé avec Nicolas Hulot en 2001. À l’issue de leur première réunion de travail, il l’embrasse « à pleine bouche », selon ses propos. « C’est forcément de force puisque c’est par surprise. » Elle précise que l’ex-animateur n’a pas recommencé.

Claire Nouvian raconte, elle, avoir été mise en garde, avant le tournage d’un reportage réalisé avec Nicolas Hulot en 2008, afin qu’elle évite de se retrouver seule avec lui. L’animateur n’a pas eu de gestes déplacés pendant le tournage de cet épisode d' »Ushuaïa », relate-t-elle. À une autre occasion, « il a quand même essayé de m’embrasser », ajoute Claire Nouvian, évoquant « un dysfonctionnement dans ses rapports aux femmes ».

Sur le plateau de l’émission « C à vous » de France 5, deux heures avant la diffusion du reportage sur France 2, l’animatrice d' »Envoyé spécial », Élise Lucet, a expliqué la genèse de cette enquête télévisée. « Après l’affaire Weinstein (…), on a eu vent d’une histoire d’une femme qui se disait harcelée, agressée par Nicolas Hulot, bien avant les premiers témoignages le concernant », a-t-elle expliqué. Le reportage est « le résultat de quatre ans de travail ».

« Je quitte mon engagement, c’est trop lourd payé »

Mercredi, l’ancien ministre de la Transition écologique avait devancé la diffusion d' »Envoyé spécial » et nié farouchement ces accusations sur BFMTV. Il avait également annoncé son retrait de la vie publique. « Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, pour les protéger des salissures. (…) Je quitte définitivement la vie publique parce que je suis écœuré. (…) Pourquoi pérenniser une notoriété qui me fait subir ce qu’un homme peut subir de pire ? »

« Ni de près ni de loin, je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères. (…) Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il martelé, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », des prescriptions qui lui enlèvent « le droit à une enquête » et une « justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ». « Je quitte mon engagement, je ne m’exprimerai plus, c’est trop lourd payé », a encore lâché Nicolas Hulot.

En février 2018, le magazine Ebdo (qui a depuis cessé de paraître) avait publié une enquête controversée faisant état d’une plainte pour viol déposée dix ans plus tôt contre l’ex-animateur télé et classée sans suite. Était également mentionnée une rumeur de harcèlement sexuel à l’encontre d’une ancienne collaboratrice de la Fondation Nicolas Hulot qui avait elle-même démenti.

À propos des faits évoqués dans « Envoyé spécial », Me Alain Jakubowicz, l’avocat de Nicolas Julot, rappelle dans l’hebdomadaire Le Point qu’il n’y a « aucune enquête en cours » et que « le doute doit profiter à l’accusé ». La journaliste Élise Lucet, quant à elle, confie avoir proposé à l’animateur et à ses avocats de regarder le reportage « avec les visages floutés », afin que l’ancien ministre présente sa version des faits, mais ils « ont refusé ».

Désormais, Nicolas Hulot veut se « mettre à l’écart de ce monde (qu’il) ne reconnaît plus ». La Fondation pour la Nature et l’Homme, qu’il a créée en 1990, se refuse à commenter une affaire qui touche à la « question fondamentale » de la libération de la parole des femmes, et se dit « résolue à poursuivre son action pour l’écologie et la justice sociale ».

Avec AFP





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