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pourquoi les scores du RN ont-ils été sous-évalués par les sondages?

La parti d’extrême droite a obtenu le double d’élus par rapport à ce que les enquêtes lui prédisaient ces dernières semaines.

Un score historique. Ce dimanche soir, et contre toute attente, le Rassemblement national de Marine Le Pen a obtenu 90 députés au terme du second tour des élections législatives. Un résultat inattendu pour le parti d’extrême droite qui, avec plus de 15 élus, constitue pour la première fois depuis 1986 un groupe à la chambre basse.

Une progression fulgurante, que même les instituts de sondage n’avaient pas pronostiqué. Selon une enquête Opinion 2022 réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV, l’Express avec notre partenaire SFR le 10 juin dernier, le Rassemblement national n’était crédité que de 35 à 50 sièges, soit quasiment la moitié de son résultat officiel. Une semaine plus tard, le 17 juin, les mêmes sondeurs estimaient aux mêmes chiffres les projections pour l’ex-Front national.

Et les exemples sont nombreux. Quelques heures avant le premier tour du scrutin, un sondage Ifop plaçait même le RN en quatrième position, derrière Les Républicains, avec une fourchette d’élus estimée entre 25 et 45 sièges.

Report de voix inattendu

Interrogé à ce sujet par Franceinfo, Mathieu Gallard, directeur d’études pour l’institut Ipsos, admet que les prévisions en ce qui concerne le RN ont été sous-évaluées. Selon lui, cela s’explique « par le fait que les reports de voix pour les candidats opposés aux candidats RN ont été très mauvais ».

« Les candidats d’extrême droite n’ont pas suscité de crainte des électeurs qui leur étaient opposés. Quand un candidat RN avait un duel avec la Nupes, les électeurs d’Ensemble ne sont pas allés voter pour le candidat de la gauche. Et quand un candidat RN faisait face à un candidat d’Ensemble, les électeurs de la Nupes ne se sont pas non plus déplacés », soulignant l’absence de front républicain.

Dans son argumentaire, Mathieu Gallard pointe également les passes d’armes qui ont existé entre la majorité présidentielle et la Nupes. « Le fait que les membres du gouvernement et les candidats LaREM s’en soient pris de manière très violente à Jean-Luc Mélenchon et à la Nupes a développé des relations très antagonistes entre ces deux électorats. C’est une tendance qu’on avait vue, mais dont on avait sous-estimé l’ampleur », explique-t-il encore.

Avec ce résultat, Marine Le Pen triple la mise par rapport au nombre de députés obtenus son père en 1986 (32 du Front national et 3 du petit mouvement conservateur CNIP). En 2012, deux députés du RN étaient entrés à l’Assemblée dont Marion Maréchal tandis qu’en 2017, ce sont 8 députés qui avaient gagné le droit de siéger sous l’étiquette du parti créé par Jean-Marie Le Pen.

Toujours selon Mathieu Gallard, les possibles erreurs des enquêtes ne devraient pas remettre en cause la méthodologie globale des sondeurs. « Je ne pense pas que ça remettra fondamentalement en cause notre méthodologie. Les résultats de ce soir montrent ce qu’on sait déjà: les projections en nombre de sièges sont fragiles car une variation de quelques points dans les reports de vote de certains électorats a de grandes conséquences sur les résultats », précise-t-il.

Objet politique

Ce n’est pas la première fois que les sondages sont remis en question au terme d’une élection. En 1995, après la présidentielle, Libération rappelait que l’ordre d’arrivée des trois principaux candidats, Lionel Jospin, Édouard Balladur et Jacques Chirac avait été bien différent de celui final. « Lionel Jospin a été sous-évalué de trois points et Jacques Chirac surévalué d’autant », peut-on lire.

Plus récemment, pour cette dernière présidentielle, le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s’en était pris aux sondages qui selon lui « commencent à ressembler aux rêves de la caste qui domine ce pays. »

« Non, le pays n’est pas à droite, comme on voudrait nous le faire croire car on essaye de nous bourrer le crâne. Ne vous faites pas voler l’élection présidentielle », avait-il dit.

De son côté, le candidat Reconquête Éric Zemmour, alors à la peine dans les enquêtes alors que le scrutin approchait, soutenait qu’une part des intentions de vote des Français n’était pas représentée dans les sondages.



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