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Procès des attentats de Paris: dernière ligne droite, les avocats d’Abdeslam vont terminer les plaidories

Une dernière chance de convaincre la cour: au procès des attentats du 13-Novembre, les avocats de Salah Abdeslam plaident vendredi pour le seul membre encore en vie des commandos qui ont frappé Paris et Saint-Denis, avec l’espoir de lui éviter la prison à vie. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a réclamé contre le Français de 32 ans la plus lourde peine du code pénal, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

Cette sanction rarement demandée et prononcée à quatre reprises seulement rend infime la possibilité d’une libération. Le ministère public l’avait justifiée « au regard de l’immense gravité des faits », mais aussi de la personnalité du principal accusé. Il « reste convaincu de n’avoir tué personne » et a adopté « une stratégie de minimisation constante des faits, c’est dire le changement qu’il lui reste à parcourir », avait avancé le Pnat.

Je ne présente aucun danger pour la société

Face à ces réquisitions, les avocats de Salah Abdeslam, Martin Vettes puis Olivia Ronen, devraient insister sur l’évolution de l’ancien ennemi public numéro un, plus de six ans et demi après les attentats et après de longs mois d’audience.

Celui qui avait fièrement revendiqué au premier jour du procès, le 8 septembre, son appartenance à l’Etat islamique, avait conclu son dernier interrogatoire, mi-avril, en versant des larmes et en présentant ses excuses « à toutes les victimes ».

Resté mutique pendant la quasi totalité de l’instruction, le « dixième homme » des commandos jihadistes qui ont fait 130 morts n’a cessé au cours des débats d’affirmer qu’il avait « renoncé » à tuer le soir du 13 novembre 2015, refusant « par humanité » d’actionner sa ceinture explosive.

Salah Abdeslam avait déploré en février les peines « extrêmement sévères » en matière de terrorisme. « Les personnes qui n’ont tué personne, on ne peut pas les condamner comme si on avait les têtes de l’Etat islamique, ce n’est pas possible », avait-il estimé. « Je ne présente aucun danger pour la société », avait-il ajouté sans ciller.

La justice n’est pas une arme de la colère

La défense de Salah Abdeslam, qui a reconnu certains allers-retours en Europe pour récupérer les commandos de retour de Syrie, la location de voitures et d’appartements, ne plaidera pas l’acquittement. Mais elle devrait insister devant la cour d’assises spéciale de Paris sur ce « renoncement », qui n’a pas convaincu l’accusation, et l’amendement possible de leur client.

Depuis le début des plaidoiries de la défense le 13 juin, des avocats d’accusés contre lesquels la perpétuité à été demandée pour « complicité » – avec 30 ou 22 ans de sûreté – ont mis en garde la cour contre la tentation d’une « justice d’exception » avec des peines « d’élimination » en riposte à des crimes de masse, les pires jamais commis sur le sol français.

« La justice n’est pas une arme de la colère », a exhorté Me Marie Violleau, l’une des avocates de Mohamed Abrini, « prévu » pour le 13-Novembre mais qui avait renoncé, comme il le fera quelques mois plus tard à Bruxelles. « On a réclamé le prix du sang », s’est insurgée Me Orly Rezlan, l’avocate de Mohamed Bakkali, qui a reconnu pendant l’instruction avoir loué planques et voitures, et qui est considéré par l’accusation comme un « surintendant de la terreur ».

Si la cour en venait à le condamner à « l’égal de l’assassin », a souligné Me Rezlan, « alors il faudra admettre que l’Etat de droit a fondu sous le choc et qu’il n’en reste plus qu’un décor de carton-pâte ».

La défense a également décoché ses flèches à l’encontre de l’infraction controversée d’association de malfaiteurs terroriste criminelle, reprochée à plusieurs « acteurs périphériques » ou « petites mains » du dossier, qui suppose pour la caractériser d’avoir connaissance d’un projet terroriste et d’y adhérer.

L’abandon de la qualification terroriste a été demandée pour certains des accusés. Pour d’autres comparaissant libres à l’audience, leurs avocats ont réclamé qu’ils ne retournent pas en prison, comme l’a requis le Pnat.

Les conseils de Yassine Atar, Ali El Haddad Asufi et Abdellah Chouaa ont plaidé pour leur acquittement, estimant que seules leurs mauvaises fréquentations les lient au dossier. Avant de rendre son verdict mercredi en fin de journée, la cour donnera une dernière fois la parole aux 14 accusés jugés en leur présence – six le sont par défaut – lundi matin.



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