Faits divers

Quels crimes impute-t-on au « Grêlé », le tueur en série retrouvé mort après 35 ans de traque?

L’affaire n’a jamais été classée. La traque ne s’est jamais arrêtée et elle a presque miraculeusement abouti, ce mercredi, après la découverte d’un corps inerte dans un appartement du Grau-du-Roi, à la résolution d’un des « cold case » de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris.

L’énigme du tueur en série baptisé le « Grêlé », en raison d’importants problèmes de peau au niveau du visage,  n’en est plus une. Après 35 années de recherches, l’homme a été identifié.

Il s’agit d’un ancien gendarme devenu policier, âgé de 59 ans, domicilié dans le Sud de la France qui était convoqué le 24 septembre pour une audition le 29 septembre, le jour de la découverte de sa dépouille, en vue d’un prélèvement ADN. 

Ce jeudi soir, la procureure de la République de Paris Laure Beccuau a confirmé que « la comparaison ADN, immédiatement ordonnée par le magistrat instructeur, a établi ce jour une correspondance entre le profil génétique retrouvé sur plusieurs scènes de crime (de l’époque, ndlr) et celui de l’homme décédé« .

4 meurtres et 6 viols entre 1986 et 1994

« Une information judiciaire le concernant avait été ouverte pour les faits de viols sur mineurs de 15 ans, assassinats, tentative d’homicide volontaire, vols avec arme, usages de fausse qualité et enlèvement et séquestration sur mineur de 15 ans« , a également ajouté la représentante du parquet. 

Le « Grêlé » était soupçonné d’avoir tué et violé la petite Cécile Bloch, 11 ans, retrouvée morte dans le sous-sol de son immeuble dans le XIXe arrondissement de Paris en mai 1986. L’homme avait alors attendu le départ des parents de la fillette avant que celle-ci ne prenne l’ascenseur pour se rendre à l’école pour s’engouffrer derrière elle, l’obligeant à descendre au sous-sol. 

Le corps de Cécile Bloch est retrouvé dans un local technique, dissimulé derrière un morceau de moquette. L’enfant a été poignardée, violée, étranglée. 

Un détail troublant permet aux enquêteurs de réaliser un portrait robot du principal suspect. Le matin même, dans l’ascenseur, le frère de Cécile Bloch se souvient avoir croisé un homme. Il le décrit comme âgé de 25 à 30 ans, aux cheveux châtains courts avec une mèche sur le front. Il mesure environ 1m85, de corpulence moyenne avec une peau décrite comme « irrégulière avec des marques d’acné ou de variole« . Un avis de recherche est diffusé et ce portrait ne quittera plus les services d’enquête chargé de ce dossier criminel. 

Le Grêlé continue son périple meurtrier. Il est soupçonné d’avoir étranglé un couple à Paris, ainsi que d’avoir tué Karine Leroy, 19 ans, disparue en juin 1994 à Meaux (Seine-et-Marne), selon le journal Le Parisien. Une liste de six viols commis entre 1986 et 1994 lui était également imputée.

750 gendarmes soumis au prélèvement ADN

Comme l’a précisé la procureure, les éléments recueillis au cours de l’instruction « ont notamment permis d’orienter (ses) investigations (…) vers un suspect non identifié qui aurait pu exercer la profession de gendarme au moment des faits et ont permis d’isoler un profil ADN susceptible d’appartenir à l’auteur des faits« .

Ces derniers mois, le magistrat instructeur avait convoqué près de 750 gendarmes en poste en région parisienne au moments des faits afin de prélever leur ADN et de les comparer avec les profils génétiques relevés sur les lieux des crimes entre 1986 et 1994.

Il laisse une lettre

Parmi eux figurait François Vérove, un ancien gendarme devenu policier désormais à la retraité. L’homme avait fait partie de l’équipe municipale de Prades-le-Lez (Hérault) lors du précédent mandat comme le révèle ladépêche.fr.

Deux jours avant la date de sa convocation, l’homme n’a plus donné signe de vie. « Convoqué le 24 septembre pour une audition le 29 septembre, il a été déclaré disparu par son épouse » le 27 et retrouvé mort le 29 au Grau-du-Roi, indique le communiqué du parquet de Paris. 

L’analyse post-mortem de François Verove s’est avérée probante et a confirmé qu’il était bien le violeur et tueur en série recherché par les forces de l’ordre depuis près de 35 ans.

Dans une lettre qu’il aurait laissé avant son suicide, le quinquagénaire évoquerait des « pulsions passées« , mais qu’il s’était « pris en main » et n’aurait « rien fait depuis 1997« , tout en avouant les meurtres « sans donner les noms de victimes, ni les circonstances« , indique le site du quotidien régional. 

Toutefois, les derniers crimes imputés au Grêlé remontent à 1994. Il avait enlevé et violé Ingrid, une petite fille de 11 ans dans l’Essonne. En 2015, le logiciel informatique de compilation de dossiers criminels et d’analyse comportemental, SALVAC, mettait en lien le tueur avec l’assassinat de Karine Leroy le 9 juin 1994 à Meaux. 



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