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Rugby. Castres équipe la plus pénalisée du Top 14 : « On est encore à l’ADSL… »

Avec e Mathieu Babillot
Avec 43 pénalités concédées en 3 journées, le CO de Mathieu Babillot est l’équipe la plus sanctionnée du Top 14. (©Illustration/Icon Sport)

Finaliste du Top 14 et leader de la phase régulière la saison dernière, le Castres Olympique avance au ralenti en ce début de saison 2022-2023. Avec deux défaites sèches à l’extérieur, face au Racing 92 et à Bordeaux-Bègles et un succès à domicile contre le Stade Français, les Tarnais pointent à une surprenante 12e place après 3 journées, à égalité avec Bayonne (13e).

Avant de recevoir Brive, ce samedi 24 septembre (17h), le club tarnais est dans le doute, en particulier sur le plan de la discipline, puisque le CO est l’équipe de Top 14 la plus sanctionnée depuis le début de la saison, avec 43 pénalités subies en 3 matchs, dont 19 samedi dernier contre l’UBB, soit une moyenne de 14 fautes par rencontre. Une indiscipline chronique qui n’a valu, étonnamment, que 3 cartons jaunes (Maravat au Racing 92, Chilachava face au Stade Français et de Benedittis à Bordeaux-Bègles), mais qui pose nécessairement question.

« On se demande encore comment on a pu encaisser 30 points face à l’UBB… »

« Notre indiscipline nous a clairement plombés contre Bordeaux-Bègles », concède l’entraîneur des trois-quarts Bleu et Blanc, David Darricarrère. « Quand tu sors de ce match, tu te demandes encore comment tu as pu encaisser 30 points, surtout qu’à la 39e minute de jeu, il n’y a que 6-3 au score et on est plutôt dans le match… Mais il y a aussi les 19 pénalités concédées et les 17 fautes techniques qui résument bien cette partie », constate le technicien landais du CO, avant de poursuivre :

On a perdu et rendu très vite le ballon par des maladresses, des mauvais choix ou des pénalités, ce qui fait qu’on n’a pas pu enchaîner ce qu’on voulait faire. Toutes ces imperfections nous ont empêché de tenir le ballon et évidemment de mettre l’adversaire sous pression et de récupérer des pénalités, des essais ou des franchissements…

David DarricarrèreEntraîneur des trois-quarts de Castres

« C’est clair que notre discipline fait défaut en ce début de saison », assume aussi le demi de mêlée Jérémy Fernandez. « Si on arrive à régler ce secteur, on pourra redevenir compétitif surtout à l’extérieur, où l’on commet énormément de fautes qui nous pénalisent… Qui plus est, ce sont souvent des fautes bêtes et évitables, c’est vraiment dommage. Il faut rapidement remédier à ça pour diminuer les chances de l’adversaire de venir dans notre camp et de scorer. »

Doublure de l’Uruguayen Santiago Arata depuis 3 matchs, le joueur formé à Mazamet et passé par l’Aviron Castrais, l’autre club de la sous-préfecture du Tarn, a du mal à expliquer ce manque de discipline :

Je dirais que c’est un peu du relâchement, car on sait qu’on ne doit jamais faire autant de fautes. Je pense qu’on se relâche mentalement à certains moments et c’est ce qui nous porte préjudice. Au contraire, physiquement, je trouve qu’on est plutôt bien, de la 1ère à la 80ème minute, et je n’ai pas l’impression qu’il y ait une baisse de régime qui nous fasse commettre toutes ces fautes.

Jérémy FernandezDemi de mêlée de Castres

« Les joueurs doivent être connectés à 200% lorsqu’ils entrent sur le terrain »

Malgré une préparation physique plus courte que la plupart des autres effectifs de Top 14, avec seulement 5 semaines de présaison, le finaliste du dernier championnat de France ne croit pas que l’indiscipline puisse venir d’un manque de fraîcheur physique ou de lucidité en fin de match : « Sincèrement, je ne pense pas », avance l’entraîneur des trois-quarts du CO, David Darricarrère, avant de poursuivre :

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Au niveau physique, les garçons sont vraiment très bien. C’est un problème de… (il coupe). On n’a pas la fibre et souvent, on est encore à l’ADSL. Il faut être connecté rapidement et que la connexion se fasse tout de suite à 200%. On n’a pas cette instantanéité qu’il faudrait avoir. Quand les joueurs entrent sur le terrain, il faut qu’ils soient immédiatement connectés à 200% autant physiquement, mentalement que tactiquement.

David DarricarrèreEntraîneur des arrières de Castres

Pourtant, comme beaucoup de clubs professionnels, le Castres Olympique profite des services d’un arbitre depuis la saison dernière en la personne du Gersois Cédric Clavé, qui officiait en Pro D2. « Il vient tous les mardis pour travailler le secteur de la discipline », indique ainsi David Darricarrère. « On bosse ce secteur à travers des scénarios qui retranscrivent des situations de matchs, notamment en termes de fraîcheur physique, afin de prendre les décisions au bon moment lorsqu’on est un peu dans le rouge physiquement. Il faut que les garçons soient capables d’être lucides dans la fatigue et quand ils entrent en jeu. C’est quelque chose de très important dans le rugby moderne et on doit vraiment progresser là-dessus. »

« Il faut vite refermer la porte et se remettre dans la moule auprès des arbitres »

Capitaine lors de la défaite à l’UBB (33-12), l’expérimenté pilier gauche Antoine Tichit (33 ans) regrette tous ces trous d’air fatals qui ont coûté très cher à son équipe, samedi dernier, sur la pelouse de Chaban-Delmas. « On a vu qu’on tenait la partie jusqu’à qu’on lâche mentalement de la 42e à la 48e minute en écopant de 6 pénalités en 6 minutes. On a perdu le fil du match et l’UBB a logiquement pris le score. Avec plus d’application et de maîtrise, on aurait pu faire tourner la partie en notre faveur », regrette le cadre du vestiaire tarnais qui, pour son premier capitanat en match officiel avec le CO, n’a rien pu faire pour infléchir cette tendance : « J’ai essayé de parler à l’arbitre, mais quand il y a des fautes grossières, c’est difficile de temporiser avec lui. Et puis quand on enchaîne les fautes, c’est très difficile de stopper l’hémorragie… »

À son regret, Antoine Tichit constate aussi que les Castrais sont entrés dans une sorte de cercle vicieux et qu’il est difficile de sortir du viseur des arbitres dès que les fautes s’accumulent. « Bien sûr… Plus tu en fais, plus tu en as. Et surtout plus tu as un ratio de fautes importants, plus l’arbitre du prochain match va venir avec un avis et un regard important sur nous. Il faut vite refermer la porte et se remettre dans la moule… » Une meilleure discipline et maîtrise sont rapidement attendues du côté du CO, à commencer par ce samedi 24 septembre (17h) pour la réception de Brive. Un adversaire qui n’est autre que le dernier club français s’être imposé sur la pelouse de Pierre-Fabre inviolée depuis 22 matchs en Top 14. C’était le 22 décembre 2020 (24-25), mais Pierre-Henry Broncan et David Darricarrère n’étaient pas encore arrivés sur le banc castrais.

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