Sara, policière varoise en poste lors de l’attentat de la basilique à Nice, décorée de l’Ordre du mérite

Le 29 octobre 2020, une attaque au couteau perpétrée, par un terroriste islamiste, au sein de la basilique Notre-Dame de Nice, faisait trois morts (deux femmes et un homme). Parmi les policiers municipaux qui sont intervenus pour neutraliser et interpeller l’assaillant, figurait Sara (son nom doit être préservé pour raison de sécurité).

Âgée de 33 ans, engagée depuis plus de dix ans dans les forces de sécurité (d’abord au sein de la gendarmerie – adjointe volontaire puis sous-officier – en Savoie et en Haute-Savoie, avant de rejoindre la police municipale de Nice en 2019, ndlr), elle a rejoint en début d’année la police municipale de La Seyne. Et c’est ici qu’elle vient de recevoir, pour sa participation à la lutte contre le terrorisme, le titre de chevalier de l’Ordre national du mérite, sur décision du président de la République.

La remise de cette distinction s’est déroulée, lundi soir, à l’hôtel de ville, en présence de la maire, d’élus, des autorités de la police municipale et de collègues de Sara. Pour l’occasion, la jeune brigadière a choisi de recevoir sa décoration des mains de Patrice (dont l’identité doit aussi être préservée), ancien membre des forces spéciales et policier municipal à Nice, qui était à ses côtés en octobre 2020.

« Il essayait de fuir en rampant »

Après la cérémonie, la jeune femme a accepté de relater comment elle a vécu l’intervention sur les lieux de l’attentat. « On n’est jamais préparé à ça… confie-t-elle. Il était à peine 9h quand on a entendu des messages radio disant que des policiers municipaux venaient de faire feu sur un terroriste dans la basilique Notre-Dame. On n’y croyait pas… mais on a foncé avec mes collègues Patrice et Quentin. Arrivés sur place, on a vu le corps d’un homme au sol, atteint de 11 balles tirées par nos collègues de la première équipe. »

« On a fait sortir ces derniers, car ils étaient choqués après avoir fait face au terroriste et vu les corps des victimes, quasi décapités. Sans me poser de question, et alors que la présence d’un autre assaillant n’était pas exclue, j’ai suivi Patrice et je me suis approchée de l’homme qui essayait de fuir en rampant. Il parlait en arabe, comme s’il récitait quelque chose. J’ai d’abord écarté le couteau qui se trouvait près de lui, je me suis assurée qu’il ne portait pas de ceinture explosive, j’ai fait les palpations de sécurité, et je l’ai menotté. »

« L’odeur du sang… »

Dans la foulée sont arrivés les hommes du Raid, qui ont demandé à Sara et à ses deux collègues de « tenir la position », le temps qu’ils s’assurent qu’il n’y avait pas un deuxième terroriste. Les trois policiers municipaux vont ainsi rester une heure dans l’édifice et Sara se souvient encore « de l’odeur de sang », qui imprégnait déjà les lieux.

« Suite à cet attentat, reprend la brigadière, plusieurs collègues ont quitté la police, choqués. Moi, j’ai voulu changer de cadre. J’ai d’abord rejoint la police municipale d’Aubagne, puis je suis arrivée à La Seyne, où j’ai souhaité être affectée à l’unité de sécurisation nocturne ».

« Quand Sara a rejoint nos rangs, explique son actuel chef d’unité, on a vu de suite qu’elle avait le sens du devoir et l’esprit de corps. On se comprend d’un simple regard, c’est du pur bonheur de travailler avec elle. La difficulté ne lui fait pas peur, d’autant qu’elle sait évaluer les risques. Mais c’est aussi quelqu’un de discret, qui ne nous a pas dit de suite ce qu’elle avait vécu à Nice ».

Un vécu que Sara n’oubliera jamais: « C’est la mission la plus traumatisante de ma carrière », confie la jeune femme.

 



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