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Sarthe : « Je ne veux pas qu’on touche à cette construction hommage à mon mari décédé » | Le Courrier

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Anne-Marie Nicolini devant son zome. ©Le Petit Courrier – Olivier Jaunay

« C’était vraiment un rêve entre moi et Jean-Pierre, mon mari décédé en décembre 2020 ». Anne-Marie Nicolini, habitante de Jupilles, dans le sud Sarthe, parle ici du zome, construction érigée devant chez elle et qui lui cause bien des tracas aujourd’hui. Nous sommes au 13 place André Ricordeau. Il s’agit de la place centrale du village, dans sa partie haute, où se trouvent quelques habitations au-dessus du parking. 

Protection

D’une superficie de 5 m2, le zome assume selon elle deux fonctions, « de protection de ma porte d’entrée, et de décoration, c’est beau, je trouve que c’est une oeuvre d’art ».

Elle poursuit. « Un ami menuisier a effectué un stage dans les Pyrénées pour apprendre à faire ça. Trois mois de travaux ont été nécessaires pour construire la structure, qui ne comporte pas de fondations ».

Déclaration préalable de travaux

Elle a été installée au début de cette année. Seulement un problème se pose. Cette construction a fait l’objet d’une déclaration préalable de travaux, refusée par la mairie. 

« C’est un petit village, on peut discuter facilement avec tout le monde, j’en avais donc parlé avant au maire Vincent Gruau qui m’a demandé si ce ne serait pas trop original. Je lui ai répondu que Carnuta c’était original et que c’était bien là ». 

Le noeud du problème, c’est que cette cour qui semble privative une fois la séparation faite avec le parking figure dans le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) adopté l’an passé.

Les emplacements réservés identifiés dans le PLUi permettent aux collectivités de programmer des équipements d’intérêt général sur des sites dont elles n’ont pas, à ce jour, la maîtrise foncière et interdisent toute autre construction. 

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Courrier du maire

Voici un extrait du courrier que lui a envoyé le maire s’agissant de son dossier.

« J’ai signé le 27 janvier 2022, au nom de la commune de Jupilles et après instruction de votre dossier par les services d’urbanisme de la sous-préfecture de La Flèche, une notification de retrait et de refus concernant la déclaration préalable à votre projet d’installation d’un zome devant l’entrée de votre domicile. 

La conséquence de cette notification serait une mise en demeure de déconstruction du zome qui est installé afin de remettre votre façade dans son état initial. 

Ayant bien conscience que cette issue vous serait dommageable et porterait préjudice à votre volonté de mener à bien ce projet qui vous est cher, notamment en mémoire de Jean-Pierre, je me permets de vous faire officiellement la proposition dont nous avons déjà parlé, afin de trouver une porte de sortie satisfaisante pour tout le monde face à cette situation inextricable ». 

Une proposition

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Vue de sa cour, près de la limite avec la Place Ricordeau. ©Le Petit Courrier – Olivier Jaunay

L’élu formule ensuite la proposition suivante :

« je vous propose que la commune se porte acquéreur de la parcelle dont vous êtes propriétaire et qui est inscrite comme emplacement réservé en vue de l’aménagement d’une place publique, dans le cadre du plan local d’urbanisme intercommunal en vigueur depuis avril 2021, conduisant un empêchement de tout projet d’aménagement privé et d’un droit de préemption communale en cas de vente. La voie la plus simple pour solder ce refus serait d’extraire de la parcelle une emprise de quelques m2 correspondant à la surface occupée par le zome ». 

« Sidérée »

« Je suis complètement sidérée d’apprendre que la parcelle AB0145 est un emplacement réservé selon le PLUi. Dans l’acte de vente de ma maison, il est fait, bien sûr, mention de cette cour. Mais rien n’est écrit à propos du PLUi. Cette maison a été achetée par mon époux et moi-même au mois de mai 2019. Est-il possible que les collectivités puissent s’approprier un bien privé ? Il me semble que ceci est une grave atteinte à la propriété privée » estime celle qui est originaire du territoire de Belfort.

La position d’Anne-Marie Nicolini est claire. « Je ne veux pas vendre toute la cour, mais la moitié, en gardant la partie la plus proche de mon habitation. A priori la municipalité veut végétaliser à cet endroit, mais qu’est-ce qui me le prouve et qui me prouve que je ne vais pas me retrouver avec un parking sous mes fenêtres ? »

Amère

Elle conclut, amère :

« J’adore ce village dont nous étions tombés amoureux alors que nous étions encore au Mans. Ce projet de zome, c’était notre souhait à deux, un rêve entre moi et Jean-Pierre. Les gens sont très prévenants, presque tous les jours quelqu’un passe voir si je vais bien. Ce qui me déchirerait le coeur aujourd’hui et ce que je veux éviter à tout prix, c’est un courrier m’intimant de retirer le zome séance tenante. Ca me serait insupportable. Je suis troublée et cette histoire me fatigue ». 

« J’attends son retour »


Contacté, Vincent Gruau, explique que la municipalité « a fait une offre d’achat ferme, officielle, j’attends son retour, positif ou négatif, nous ne l’avons pas reçu à ce jour en mairie. Il y a un engagement pour que cet endroit reste végétal. Je rappelle que le PLUi est postérieur à son acquisition, et qu’il a été validé en avril 2021. Notre objectif n’est pas du tout d’exproprier Madame Nicolini ».

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