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Sécurité routière dans la Marne : les contrôles par voitures-radar seront multipliés par cinq

Désormais, les automobilistes ne pourront plus savoir quand ils peuvent être contrôlés. Même le flash est infrarouge et donc invisible.
Désormais, les automobilistes ne pourront plus savoir quand ils peuvent être contrôlés. Même le flash est infrarouge et donc invisible. (©Illustration Pixabay)

Le constat de la sécurité sur les routes, de la Marne et d’ailleurs, est plutôt rassurant. La mortalité baisse et elle baisse beaucoup. La préfecture de la Marne le reconnaît d’ailleurs lorsqu’elle détaille les chiffres : « En 2020, 2 541 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en France métropolitaine, soit 703 tués de moins qu’en 2019. Ce chiffre, inférieur de 22 % à celui de 2019, est historiquement bas. Cette évolution s’explique pour partie par les effets de la pandémie mondiale de la Covid-19. »

29 tués en 2020, 29 tués de trop

Et pour le département, elle ne dit pas autre chose : « Dans la Marne, l’accidentalité compte, tous facteurs confondus, 403 accidents corporels dont 29 accidents mortels. Le nombre d’accidents corporels est en baisse de 17 % (-82 accidents) par rapport à 2019. Si la mortalité routière diminue également de 26 % (-10 tués), 29 personnes ont néanmoins perdu la vie. Le nombre de blessés baisse quant à lui de 23 % (-142 blessés). Ces chiffres, en baisse comme à l’échelle nationale, s’expliquent notamment par les restrictions de circulation induites par la crise sanitaire. Sur les dix dernières années, le nombre moyen de personnes tuées sur les routes marnaises est de 36 tués/an. »

La vitesse toujours en cause

Et la vitesse reste l’ennemi numéro un de la sécurité sur les routes… La préfecture rappelle ainsi qu’elle est la principale responsable même si deux autres calamités sont également identifiées : « En 2020, dans la Marne, la vitesse est la principale cause de la mortalité routière : elle est identifiée dans un tiers des accidents mortels et dans un accident corporel sur 5. La seconde cause de mortalité est l’alcool présent dans 21 % des accidents mortels. Concernant les accidents mortels avec prise de stupéfiants, ceux-ci s’élèvent à quatre accidents mortels (14 %) et comptent pour 7 % des accidents corporels (soit 28 accidents). »

Pour une plus grande sécurité

Il convenait donc, pour réduire encore la mortalité routière, de réduire les excès de vitesse qui sont trop souvent responsables d’accidents, de blessés et de tués, d’augmenter les contrôles… La préfecture annonce ainsi que, dans la Région du Grand-Est, 39 voitures-radar sont désormais mises à la disposition d’un opérateur privé. Les véhicules restent, en effet, la propriété de l’État.

Multiplier les contrôles par cinq

« Les voitures-radar dont la conduite est confiée aux forces de l’ordre, existent depuis mars 2013. Ces véhicules sont sous-employés (1 h 30 d’utilisation par véhicule par jour en moyenne en 2015), de sorte qu’en définitive, les automobilistes, à part ceux qui ont été flashés, ne sont pas conscients de leur existence et n’adaptent pas leur conduite à ce »risque » de contrôle », constate la préfecture qui poursuit en indiquant : « En confiant la conduite de ces véhicules banalisés à une entreprise privée, les contrôles seront multipliés par cinq. Dans les départements où cette externalisation a été lancée, tous les conducteurs sont bien conscients de la nécessité, en tout point du réseau, de respecter les limitations de vitesse. »

Soulager les forces de l’ordre

Mais la mise en place de ce dispositif répond aussi à un autre objectif. Avec la concession de voitures-radar au privé, on entend également libérer les forces de l’ordre d’une mission chronophage. « L’un des objectifs majeurs de ce dispositif est de soulager policiers et gendarmes (deux agents des forces de l’ordre par voiture) afin qu’ils puissent se consacrer à d’autres missions, comme les contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants, par exemple. À terme, le nouveau dispositif libérera 400 équivalents temps plein dans toute la France et permettra aux policiers et gendarmes de se consacrer à des contrôles en rapport avec leurs qualifications et qui nécessitent leur intervention », indique la préfecture.

On verra, dans les mois à venir, si le bilan de ces opérations de contrôles incognito ont un effet sur la vitesse moyenne des usagers de la route, sur l’accidentalité et la mortalité routière.

Jean-Michel ROCHET

Les voitures-radar

Les voitures-radar (anciennement appelées « radar mobile de nouvelle génération »), sont des appareils embarqués à bord de voitures banalisées. Elles sont conduites jusqu’à présent dans la Marne par des gendarmes ou des policiers en uniforme.

Les voitures-radar contrôlent les véhicules qu’elles croisent (sauf en cas de présence d’un séparateur central) et ceux qui les doublent (jusqu’à trois voies sur sa gauche). Conduites par des salariés de société privée, elles circulent dans un flux de véhicules. Exceptionnellement, et dans le cadre d’opérations menées par les officiers de police judiciaire, les voitures radars peuvent être utilisées à l’arrêt.

La marge technique de ces radars est de 10 km/h pour les limitations de vitesse inférieures à 100 km/h et de 10 % pour les limitations de vitesse supérieures à 100 km/h (contre 5 km/h et 5 % pour les autres radars de contrôle de la vitesse). C’est donc le double de celle des radars fixes. Cela veut dire que toute personne normalement attentive à sa vitesse n’a strictement rien à craindre de ces équipements.

Les voitures-radar ne sont pas signalées sur les routes : ces systèmes sont intégrés dans des véhicules banalisés et utilisent un flash infrarouge, non-visible pour les usagers.

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