Seine-et-Marne. Avec le projet « Hercule » d’EDF, la crainte d’une électricité plus chère

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Par Maxime Berthelot Publié le

Les salariés de la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube), qui emploie 774 salariés EDF et 407 sous-traitants permanents, sont opposés au projet « Hercule ». Parmi eux, des Seine-et-Marnais (©DR)

Depuis plusieurs mois, les mouvements sociaux se succèdent à travers les centrales nucléaires françaises. Le 26 novembre 2020, les 10 et 17 décembre 2020, le 19 janvier 2021… Autant de journées de grèves pour 33 % des salariés d’EDF en France, dont près de 48 % du personnel de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube). La raison de ces mobilisations ? Le projet « Hercule », élaboré par la direction d’EDF et soutenu par l’État.

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Alors qu’aujourd’hui l’État détient 83,68 % du capital d’EDF, le nouveau projet vise à réorganiser le groupe en trois entités distinctes, qui donneraient plus de place aux capitaux privés : d’abord « EDF Bleu », entièrement publique, qui regrouperait toutes les activités nucléaires, ainsi que RTE, le gestionnaire de réseau du transport d’électricité.

Ensuite « EDF vert », dédiée à la partie commerce (la vente d’électricité au consommateur) et au renouvelable. Son capital serait dans un premier temps ouvert au secteur privé à hauteur de 30 %. On y trouverait notamment Enedis et EDF Energies. Enfin, la troisième et dernière composante pourrait prendre le nom d’« EDF Azur » et serait consacrée aux activités hydrauliques.

« Le risque de rogner sur la qualité et la sûreté »

Pour justifier ce projet, EDF et l’État expliquent qu’il y va de l’avenir de l’entreprise. En novembre 2018, Emmanuel Macron demandait au groupe « de renforcer sa contribution à la transition énergétique et de mettre en œuvre les orientations définies dans la programmation pluriannuelle de l’énergie ».

Mais pour les syndicats, « Hercule » risque surtout de faire perdre gros aux 166 000 salariés du groupe et aux consommateurs français :

« Avec la privatisation, la logique va devenir le business, le rendement et les économies. On risque de rogner sur la qualité, la sûreté, l’entretien du réseau, alors même que la fiabilité est la marque de fabrique d’EDF. On ne voit pas comment on pourrait privatiser l’électricité, qui est un bien public. »

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Les grévistes redoutent que les privatisations entraînent une logique « de business, de rendements et d’économies », au détriment du service public (©DR)

A l’avenir, l’électricité restera-t-elle partout au même prix ?

Afin de sensibiliser la population, l’intersyndicale CFDT/FO/CGT/CFE-CGC demande donc un débat public et alerte les élus, tels que le député Christian Jacob et Olivier Lavenka, le maire de Provins, que la CFDT a rencontré le 21 janvier.

« Il y a la problématique de l’indépendance énergétique, mais surtout de la qualité du service public et de l’équilibre entre les territoires. Aujourd’hui, le prix de l’électricité est le même partout. Mais si à l’avenir, la distribution de l’électricité venait à être privatisée, est-ce qu’on garantira toujours le même prix à Paris comme à Rupéreux, alors même que l’entretien du réseau en zone rurale coûte plus cher qu’en zone urbaine ? C’est une inquiétude. »

Pour le moment, le projet est loin d’être acté. Il pourrait être voté en 2021, mais dépendra aussi des tractations avec l’Union européenne. Le gouvernement souhaite en effet une réforme de l’Accès régulé au nucléaire historique (Arenh), qui court jusqu’en 2025 et ne peut être modifié sans l’accord de Bruxelles. Elle permettrait à EDF de faire grimper le prix des 100 TWh d’électricité qu’elle doit vend chaque année aux fournisseurs alternatifs (de 42 à 48 € le mégawattheure).

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En face, l’UE demande depuis plusieurs années à la France d’ouvrir à la concurrence ses concessions hydroélectriques, ce que l’État a pour le moment toujours refusé pour garder « un groupe intégré », de la production à la vente de l’électricité.

Source de l’article Ici

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