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Sept oeuvres de Daniel Buren pour redécouvrir le golfe du Morbihan

Un cadre rayé au bord d’un chemin, des filtres colorés face à la mer, une installation qui se mêle aux arbres: Daniel Buren signe sept œuvres in situ sur l’île d’Arz, dans le golfe du Morbihan.

« La taille de l’île permet une vraie osmose; on peut prendre un vélo et tout découvrir facilement », souligne l’artiste de 84 ans, mondialement connu pour ses colonnes rayées dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris.

Une osmose qu’il a aussi souhaitée entre ses installations et la nature. De ses sept œuvres, celles qui s’éloignent le plus de son travail habituel sont, selon lui, les deux installations pensées et réalisées autour d’arbres, fragilisés notamment par la tempête Alex en octobre 2020.

L’artiste plasticien a travaillé sur les souches d’arbres détruits par les rafales et les a peintes de ses fameuses rayures noires et blanches. « Mais rien à voir avec les colonnes » du Palais-Royal, assure-t-il.

Près d’un moulin à marée de l’île, une clôture blanche laisse entrevoir la mer grâce à des ouvertures et épouse les formes des branches et des troncs de trois cyprès de Lambert.

« Ça, je trouve ça pas mal », glisse Daniel Buren dans un sourire. « Ces arbres prennent la lumière de façon incroyable », décrit l’artiste qui n’avait « encore jamais touché à un arbre. »

– « Vraiment magique »-

C’est justement ce travail autour des arbres de l’île qui touche le plus Jocelyne Le Boulicaut, 75 ans et habitante de Vannes, qui a enfourché son vélo pour découvrir le travail de Daniel Buren. « C’est vraiment magique, on a beaucoup de chance d’avoir ça ici », s’exclame-t-elle.

Une chance, qui ravit également le maire de cette petite île de 230 habitants. A peine élu en 2020, Jean Loiseau, ancien rédacteur en chef de l’émission Thalassa, a lancé l’invitation à Daniel Buren.

« Je m’étais dit +chiche+, sans trop y croire ! », raconte-t-il.

Finalement l’artiste a « adoré l’île », explique M. Loiseau. Une île que l’artiste ne connaît pas à l’époque, ce qui n’a rien d’inhabituel pour car il n’a pas d’atelier et répond toujours à des sollicitations.

Deux visites, quelques photos et croquis plus tard, voici sept installations qui soulignent les paysages iledarais et appellent à les découvrir autrement.

Comme ce cadre déposé au bord d’une route au sein duquel on aperçoit un clocher ou ces plaques de plexis rouge, orange, verte, bleue, jaune disposées sur un chemin et qui viennent colorer le paysage marin.

Une aubaine pour le maire de cette petite île qui avoue « avoir toujours peur que ce genre d’île se sclérose, se renferme ».

« Ce projet donne une impulsion », affirme M. Loiseau.

L’exposition « Au détour des routes et des chemins » est à découvrir jusqu’au 30 octobre 2023.



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