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Sylvianne, aide-ménagère est déprimée: « Je ne peux même pas me permettre de suivre la grève de ce jeudi »

Une manifestation des aide-ménagères se tient ce jeudi à Bruxelles alors que les négociations pour un accord sectoriel dans le secteur des titres-services sont dans l’impasse. Sont surtout pointées du doigt les indemnités de déplacement, jugées insuffisantes. Les travailleurs du secteur des titres-services perçoivent une indemnité de déplacement limitée à 13 centimes par kilomètre « alors que l’État fixe cette indemnité à 37 centimes par kilomètre », dénoncent les syndicats CSC Alimentation et Services, FGTB Titres-Services et CGSLB.

Elles doivent dès lors mettre la main à la poche alors que leur salaire flirte déjà avec des niveaux très bas, s’offusque le front commun syndical. En outre, les frais de stationnement ne sont, dans la plupart des cas, pas remboursés et les déplacements au bureau pour remplir des formalités administratives, comme la remise des titres-services, « se font généralement pendant le temps libre et sans indemnisation ».

Sylvianne, aide-ménagère à Jalhay, a déclenché ce matin le bouton orange Alertez-nous, pour nous évoquer cette grève qu’elle juge « importante et triste », mais qu’elle nous confie ne pas financièrement se permettre de suivre.

Jointe par nos soins, elle nous détaille sa situation. « J’ai 14 ans de carrière je touche à peine plus de 12 Euros brut de l’heure. Je preste 27 heures par semaine et je ne peux pas me permettre d’être malade car ma fille de 21 ans est aux études supérieures. Et ce que je touche si je suis malade couvre à peine mon loyer. Je suis célibataire et vous savez que quand je dis aux gens que je suis aide-ménagère beaucoup de personnes me disent: « Quelle horreur! Comment fais-tu pour vivre, et j’avoue je me pose de plus en plus souvent la question…. »

Le contexte actuel de la pandémie n’aide pas le moral de Sylvianne:  « Ce matin, je suis triste, déprimée, quand j’entends en prime qu’on renvoie encore nos clients au télétravail et que nous allons encore devoir être surexposés au Covid et au stress d’avoir du monde dans les maisons, de nettoyer sans faire de bruit et d’avoir une surcharge de travail à nouveau… Je me dis que oui l’état nous considère comme des sous-merdes ou pire ne nous considère même pas… Maintenant il vaut mieux qu’on travaille car au chômage avec 65 à 70 % de notre salaire on est dans l’incapacité de payer notre loyer, nos charges et notre nourriture… Voilà en gros on travaille, un travail physiquement dur mais on est considéré moins bien que des chômeurs, je suis dégoutée… Je bosse juste pour payer mes factures et rien d’autre. »

Le message des syndicats a été clair pendant cette manifestation: « Nous avons été très clairs avec Federgon : la fédération doit reconnaître le travail difficile des aide-ménagères ». Les organisations syndicales demandent à Federgon, qui représente les entreprises de titre-services, de démontrer « sa volonté de soutenir ces travailleuses et (de délivrer) un message clair afin de rendre ce secteur réellement attractif ». La profession d’aide-ménagère n’attire en effet pas les foules et le secteur souffre d’une pénurie de main-d’œuvre. Federgon reconnaît pour sa part que le secteur des titres-services est sous-financé mais renvoie au monde politique qui, selon elle, a les cartes en main pour refinancer ce secteur. 



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