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En bref

Thierry Lhermitte : «Il ne faut pas avoir peur de la schizophrénie»

Ce dimanche 10 octobre a lieu la journée mondiale de la santé mentale. Celle-ci vise à sensibiliser et à informer la population sur les troubles psychiatriques, comme la schizophrénie, une pathologie qui se traduit par une perception perturbée de la réalité, et qui toucherait 1% des personnes en France.

A cette occasion, Thierry Lhermitte, parrain de la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), qui finance de nombreux projets pour soigner ce type d’affections, s’est confié auprès de CNEWS sur son engagement.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager auprès de la FRM, qui organise du 11 au 15 octobre 2021, la première semaine de la recherche en santé mentale ?

Connaissant mon intérêt pour les sciences de la vie et la recherche médicale, la FRM m’a contacté en 2004. Cela fait donc 17 ans que je m’engage auprès de cette fondation, qui est très importante pour la recherche française. Cela me donne l’occasion de rencontrer des personnes extraordinaires, d’apprendre des choses, de m’impliquer dans plusieurs projets, et d’y apporter ma petite pierre.

Récemment, vous vous êtes rendu dans un laboratoire de psychologie au centre hospitalier Saint-Anne. Pourquoi est-ce important pour vous d’aller sur le terrain ?

J’ai en effet rencontré dernièrement des chercheurs spécialisés dans l’étude de la schizophrénie. Mais je visite un laboratoire tous les mois, et ce, depuis 7 ans. Cette démarche apporte de la visibilité aux chercheurs, dont on entend parler souvent uniquement à l’occasion des crises, mais qui travaillent tous les jours. Après mes visites, je fais un compte rendu dans les médias, et cela suscite des dons. Et ils sont indispensables. Il faut savoir que le don privé représente un tiers du budget des chercheurs.

Au cours de votre visite, les chercheurs ont-ils fait un point sur les traitements de la schizophrénie ? Actuellement, où en est la recherche ?

Pour l’heure, on n’en guérit pas, mais on peut contrôler la maladie via la prise de médicaments antipsychotiques. Les traitements sont lourds avec des effets secondaires, mais ils sont efficaces. La plupart des personnes touchées par cette maladie parviennent à avoir une vie normale. Cette maladie est traitée dans 90% des cas.

Comment cette maladie se manifeste-t-elle ? 

Les symptômes principaux sont les hallucinations, visuelles et auditives, et des déficits cognitifs. La schizophrénie se caractérise aussi par un déficit motivationnel, un désintérêt pour les choses de la vie. Et tous ces troubles facilitent généralement la prise de substances psychotropes. En consommant des drogues, les patients espèrent trouver un soulagement.

Quelles sont les différentes causes de la schizophrénie ?

On l’ignore encore. Il y a à la fois une vulnérabilité génétique et des facteurs de l’environnement, comme la prise de cannabis à l’adolescence et le stress.

Généralement, quand cette maladie se développe-t-elle ?

Cette maladie se développe principalement à l’adolescence, période durant laquelle il y a une maturation cérébrale. C’est le moment où les circuits inhibiteurs, qui nous empêchent de faire des choses, se renforcent, et où les circuits excitateurs, qui, eux, nous motivent, diminuent. Le problème, c’est que l’on ne sait pas faire la différence entre une crise d’adolescence et le début d’une schizophrénie. Et les symptômes se ressemblent beaucoup.

La schizophrénie souffre de nombreux préjugés. Près d’1 Français sur 2 (44 %) pense que les personnes schizophrènes sont dangereuses et qu’il vaut mieux les interner. Comment ne pas stigmatiser la schizophrénie ?

Il faut expliquer que la schizophrénie ce n’est pas ce que l’on pense. Il n’y a pas de raisons d’avoir peur de cette maladie. Quand on parle de schizophrénie, la plupart des gens pensent directement au dédoublement de la personnalité, mais en réalité, c’est rarissime. Cette maladie ne se résume pas à cela.

J’ai eu l’occasion de discuter avec Marie-Odile Krebs (psychiatre, professeure et chercheuse à l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris, NDLR). Et elle m’a affirmé que, durant toute sa carrière, elle n’a rencontré qu’une seule personne présentant ce symptôme.  

La Fondation pour la Recherche Médicale, institut reconnu d’utilité publique, lance un appel aux dons pour faire reculer la maladie. Pour soutenir les travaux de recherche contre cette affection, que l’on ne sait pas encore guérir, il suffit de cliquer ICI.

A noter que la FRM organise du 11 au 15 octobre 2021, la première semaine de la recherche en santé mentale. Un programme digital d’échanges et de témoignages est prévu sur Instagram, ciblant cinq pathologies majeures : la dépression, la schizophrénie, les troubles bipolaires, les addictions et les troubles du comportement alimentaire (TCA).



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