Faits divers

Violences faites aux femmes: ce qu’il faut savoir sur l’accusation visant Julien Bayou

Sandrine Rousseau affirme avoir reçu une accusatrice de Julien Bayou

La députée et finaliste de la primaire écologiste Sandrine Rousseau a rapporté, lundi 19 septembre sur France 5, avoir reçu chez elle une femme accusant le secrétaire national d’EELV Julien Bayou de « comportements de nature à briser la santé morale des femmes ».

Interrogée à propos du député de Paris, dans un numéro de l’émission C à Vous, consacré en partie aux violences conjugales qu’a avouées dimanche le député LFI Adrien Quatennens, Sandrine Rousseau a répondu: « J’ai reçu chez moi très longuement une ex-compagne de Julien Bayou, je pense que des comportements sont de nature à briser la santé morale des femmes ».

Elle a poursuivi: « Elles sont manifestement plusieurs, moi je n’ai entendu qu’un seul témoignage. Une enquête journalistique semble être en cours ».

L’éco-féministe a raconté: « Au moment où j’ai reçu cette femme, elle était dans un état très déprimé, elle était très mal, elle a d’ailleurs fait une tentative de suicide quelques semaines après ».

EELV acte la mise en retrait de son secrétaire national

24 heures après, le bureau du groupe écologiste à l’Assemblée, fort de 23 députés, a décidé mardi soir de suspendre Julien Bayou de ses fonctions de coprésident.

« Le groupe écologiste prend très au sérieux la parole des femmes et le sujet des violences faites aux femmes », ont indiqué les écologistes dans un communiqué.

La « mise en retrait » de Julien Bayou « ne vaut pas démission » et a été décidée « sans présager des conclusions de cette affaire et pour assurer la sérénité de la rentrée parlementaire », ont-ils ajouté. 

Cyrielle Châtelain reste pour l’heure seule présidente du groupe écologiste.

La cellule interne du parti sur les violences saisie en juillet

EELV a confirmé qu’un signalement avait été déposé contre Julien Bayou en juillet, mais a écarté l’idée que sa cellule interne sur les violences et harcèlements sexuels soit trop lente.

L’élue EELV Marine Tondelier, qui devrait briguer la tête du parti dans les prochains mois, a expliqué à l’AFP: « Ces personnes sont bénévoles et travaillent sur des affaires par définition sensibles, ce qui nécessite du temps et du calme pour recueillir la parole et prendre les décisions qui s’imposent ».

Et Marine Tondelier d’indiquer que si les membres de la cellule l’avaient pensé nécessaire, « ils auraient eu toute latitude de suspendre » Julien Bayou de son poste de secrétaire national.

Julien Bayou avait assuré début juillet au Figaro qu’il serait interrogé par une commission interne du parti « dans les meilleurs délais sur ce qui ne constitue en rien des violences sexistes ou sexuelles ni des comportements inappropriés envers quiconque ».

« Il s’agit malheureusement d’une histoire qui se termine dans la souffrance, et d’une rupture qui s’accompagne de menaces à peine voilées à mon endroit et d’une forme d’instrumentalisation que je ne peux que déplorer », avait-il ajouté.

La mise en retrait de Julien Bayou « nécessaire pour donner un signal »

Sandra Regol, la vice-présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, a estimé mercredi matin que la mise en retrait de Julien Bayou était « nécessaire pour donner un signal » aux femmes.

« Face au questionnement légitime des femmes, des féministes, des personnes qui ont été victimes et qui se sentent blessées à chaque fois qu’une histoire de ce type sort dans les milieux politiques, nous avons un devoir supérieur, un devoir de représentativité » en tant qu’« élus du peuple français », a-t-elle expliqué sur franceinfo, pour justifier cette « décision collective ».

« On est un parti féministe donc on se met en toute transparence au service de la parole des femmes » et « nous avons acté que la seule façon de montrer que nous ne faisions pas semblant et que nous ne nous cachons pas, c’était d’acter un retrait temporaire de Julien Bayou », a poursuivi la députée EELV.

« Il le sera (tant que c’est) nécessaire, c’est pas très compliqué de se mettre en retrait, c’est juste nécessaire pour donner un signal », a-t-elle ajouté, tout en précisant qu’il n’a pas encore été entendu par la commission interne en charge du dossier.

« Nous ne nous substituons pas la justice, mais il y a des femmes qui demandent à pouvoir militer en toute sérénité, notre travail, notre devoir, c’est de leur permettre ça », a-t-elle conclu.



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