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Yvelines. Christiane nettoie les routes pour Grand Paris Seine et Oise : « Je ne suis pas une fainéante »

Pour sa dernière journée de travail avant les vacances, Christiane Hasenfratz intervenait à Gargenville (Yvelines) le vendredi 15 octobre 2022.
Pour sa dernière journée de travail avant les vacances, Christiane Hasenfratz intervenait à Gargenville (Yvelines) le vendredi 15 octobre 2022. (©Fabien Dézé)

« Que j’adore la Seine lorsqu’il y a de la brume au petit matin… 16 500 pas dans la journée pour me rendre compte que sur la Départementale, je pourrais juste recommencer à cause de certains indélicats. »

Ce tweet, en date du 7 octobre dernier, est un exemple des messages quotidiens postés par Christiane Hasenfratz, 54 ans, sur le célèbre réseau social à l’oiseau bleu. Elle y raconte sa vie, son œuvre, ses coups de cœur pour le patrimoine de nos villages et aussi ses coups de gueule quand elle s’aperçoit que la nature est encore bien malmenée par l’irrespect de certains individus.

Elle aime son métier

Depuis trois ans, Christiane Hasenfratz est agente de propreté pour la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPS&O). Elle intervient principalement sur les communes de Gargenville, Juziers, Mézy-sur-Seine et Hardricourt, parfois aussi à Lainville-en-Vexin où elle réside. Son terrain de jeu favori restant la Départementale 190 où elle ne ménage pas sa monture et compte ses pas. Son nouveau record date du 12 octobre avec 18 400 pas, soit environ 14 kilomètres. « Je suis vannée… Vivement mes congés », témoignait-elle le soir-même sur Twitter.

Fatiguée mais pas démoralisée. N’attendez pas que Christiane Hasenfratz se plaigne, elle aime trop son métier pour cela.

Je suis à l’air libre toute la journée, j’adore le contact avec les gens, la nature. Que demander de plus ? 

Christiane HasenfratzAgente de propreté pour Grand Paris Seine et Oise

À ses 131 abonnés, elle veut faire comprendre qu’elle « n’est pas une fainéante ».

La communauté urbaine a été mal acceptée par les riverains. Je veux montrer ce que je fais, ce qu’on fait. 

Christiane Hasenfratz

« Je suis très fière de moi »

Au fil des années, les 47 corbeilles de Gargenville, les 37 d’Hardricourt, les 27 de Juziers et les 20 de Mézy-sur-Seine n’ont plus de secret pour elle. « Parfois c’est très dur physiquement. J’ai mal au dos à force de porter des sacs de 25 ou 30 kilos. Mais je suis là pour aider la collectivité. »

Après des journées bien remplies, elle admet avoir un coup de blues quand elle s’aperçoit le soir même qu’elle pourrait déjà recommencer. Même hors service, elle n’hésite pas à ramasser un masque qui traîne dans la rue. « Je suis peut-être un peu maniaque. On va dire que j’ai une conscience professionnelle. »

Dans la profession, celle qui travaillait auparavant dans le transport et la logistique est un oiseau rare.

Je suis très fière de moi. Quand j’ai terminé mon boulot, j’envoie un message à mon chef en lui disant que maintenant, on peut manger par terre sur la départementale. 

Christiane Hasenfratz

Ce personnage attachant, souriant, a également su conquérir le cœur des habitants de la région. Les marques de sympathie pour son travail sont de plus en plus fréquentes. Preuve que son message passe. « Je veux juste sensibiliser les gens à l’importance de respecter la nature », insiste-t-elle.

Lors des deux prochaines semaines, vous ne verrez pas Christiane Hasenfratz dans sa tenue orange sur les bords des routes. Après des semaines d’effort, elle goûte à des vacances bien méritées. Pas impossible cependant que vous la croisiez dans le Vexin. Cette amoureuse de la nature, des lavoirs et de l’architecture en général a plein d’idées de visites derrière la tête.

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